TiGH«nNACH, Annales, âdamn., 574. Cf. Auamn
2. C'est ce qui exi)li<iuc la qualification à'apostals donnée par saint Patrice aux Scots et aux l'ictes de son temps « Socii Scotorunj alque Pictoruni apostataruni... pessimorum atque apostatarum Pictorum, » Voir la citation entière au tome II, p. 461.
3. Les Scots d'Irlande, récemment convertis, reconquirent au christianisme les Scots de falédonic Les Pietés, oublieux de Ninias et de Rome, accueillirent une deuxième fois l'Évangile qu'on leur rapportait d'ilibcrnie au nom de la Bretagne. Varin, 2"= Mémoire.
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Divers traits plus ou moins légendaires indiquent assez que ces populations, même chrétiennes, avaient grand besoin d'être inslruites, dirigées et retenues dans la bonne voie ; ils signalent en outre, à l'endroit du nouvel apôtre de leur race, une certaine détiance qui ne dut céder que devant l'ascendant prolongé de son dévouement et de ses incontestables vertus.
Columba était encore dans la force de l'âge quand il vint se fixer àlona. Il avait «iu plus quarante-deux ans. Tous les témoignages s'accordent à vanter sa virile beauté, sa taille remarquablement élevée, sa voix douce et sonore, la cordialité de son accueil, la gracieuse dignité de ses manières et de toute sa pcrsonne\ Ces agréments extérieurs, unis à la renommée de ses austérités et à la pyretéinviolablede ses mœurs, taisaient naître des impressions diverses et singulières chez les païens comme chez les chrétiens encore bien imparfaits de la Calédonie. Le roi de la saciiasieté colonie dalriadienne voulut mettre cetle vertu à "^'7^ar le roi"'*^ l'épreuve en lui présentant sa fille, remarquablement belle et revêtue de ses plus riches ornements. Il lui demanda si la vue de cette belle créature ainsi parée n'excitait pas en lui quelque complaisance.
1. Erat aspectii angelicus... Omnibus carus, hilarem semper facieni ostendens... cujus alta proceritas... Adamx., Prxf., et I, 1. — Vir tantae dcditus austeritati... tamen exteriori forma et corporis habitu speciosus, geiiis rubicvmdus et vultu bilaris... semper apparebat et oiimibus... CoUoquio al'fabilem, benignum, jucundum et interioris lœtitiœ a Spiritu saiicto infusée indicia, hilari vultu prodentcm se seni=^ per exhibebat. O'Donnell, Vita quinla, 1. in, c. 43.
et par
une dame
voisine.
c( Sans doute : » répondit le missionnaire, «la coni- (( plaisance de la chair et de la nature ; mais sachez (( bien, seigneur roi, que pour tout l'empire du (( monde, quand même il me serait accordé avec « ses honneurs et ses voluptés jusqu'à la fin des c( temps, je ne voudrais pas céder à ma faiblesse c( naturelle ^ »
Vers le même temps, une femme qui habitait non loin d'Ionalui tendit un piège moins grossier et plus redoutable. Eprise pour le célèbre et charmant exilé d'une passion aussi coupable que violente, elle conçut le projet de le séduire et sut l'attirer chez elle. Mais dès qu'il eut reconnu le dessein qu'elle nourrissait, il lui adressa une exhortation sur la mort et le jugement dernier, qu'il termina. en la bénissant avec le signe de la croix. La tentatrice fut ainsi délivrée de ses propres tentations; elle continua à l'aimer, mais
1 . Puellani valde speciosam purpura, auro, gemmis, aliisqueid geiieris regii amictus ornamentis... exornatam... coram S. Columba sistit... Percontatus an filise et pulchriludo et ornatus placeant, respoiidit saiictus omnino placere. Iteruin compcllit au non etiam ejus formic ducatur complacentia... Respondit se uatura ad talem complaccutiam propensum esse. Ecce, inquit rcx... hicciuc est qui nullo carnali dcsiderioinquinatusdeprit!dicatur?Tunc S. Columba... 0 Rex, sciât altitude tua, et si insita carnis propensio meam naturam ad prohibitas inclinet complacentias, pro universitamen imperio, honoribus et voluptatibus, si usque mundi ad finem concederetur, me noile talibus complacentiis indulgerc. 0'Do\nell, lib. n, c. 59. — Le roi qui ligure dons cette anecdote ne parait pas devoir être, comme le veut O'Donnell, .\ïdan, lequel ne commença à régner sur la colonie scotique, voisine d'Iona, qu'en 574, onze ans après l'arrivée de Columba à loua, mais plutôt son prédécesseur ConnelL
VPOTUE DE LA CALÉDOiME. 177
avec 1111 religieux respect. On ajoule qu'elle devint elle-même un modèle de sainteté ^
Mais c'était vers une autre race, différente de ses coitm.i.a
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compatriotes scotiques et d un accès bien autrement le nussionnaiie
dilïicile, que Coiumba se sentait entraîné, tant par la Pkies du noui.
pénitence qui lui avait été imposée que par les besoins 5o5-:»75.
de l'Eglise et de la chrétienté. Pendant que les Scots
venus d'Irlande occupaient les îles et une partie des
côtes occidentales de la Galédonie, tout le nord et l'est,
c'est-à-dire de beaucoup la plus grande partie du
pays, étaient habités par les Pietés, et ceux-ci étaient
encore païens . Originaires de la Germanie, selon Ta- cc qu'éiau m
les
cite ; de la Scythie, selon Bede, ces habitants primitifs rides. de la Grande-Bretagne, restés inaccessibles aux inlluences romaines et chrétiennes, devaient leur nom à riiabitude qu'ils avaient conservée de combattre nus et de se peindre le corps de diverses couleurs, comme tous les anciens Bretons, au temps de l'invasion de Gésar. Plus d'un siècle auparavant, nous l'avons vu% le saint évêque breton Ninian avait prêché la foi aux Pietés du midi, c'est-à-dire à ceux qui habitaient les bords du Forth et qui s'étaient mêlés aux Bretons dans les régions situées au sud de cette rivière. Mais outre que les traces de l'apostolat de Ni-
1. Ipsum in lonain jain cominorantem, multisque... pcrcelcbrciu... Quamdamdevicinofeminam S. viri coiicupiscenlia inflainmat(anli(jtius serpeiis)... Deinde eaiu aucto crucis sigrio henedicens, ab omni mox tentatiojic liberam dimisit... Casio deiiicops aiiiore, niagnaque rêvercntia coluit, ipsa landeni sanciilate celehiis. O'Donnell, 1. ii, c. 25.