‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint BernardChapitre 72 sur 134 · Adamn., Prxfat · texte numérisé non relu

Adamn., Prxfat

toujours dominé par une passion généreuse, et parmi ces passions, enflammé jusqu'à la fin de la vie par deux de celles que ses compatriotes comprennent le mieux, par Tamour de la poésie et l'amour de la patrie. Peu enclin à la mélancolie, lorsqu'une fois il eut surmonté la grande tristesse de sa vie, celle de l'exil ; peu porté même, sauf vers la fin, à la contemplation et à la solitude, mais formé par la prière et les plus redoutables austérités aux triomphes de la parole évangélique, méprisant le repos, infatigable au travail intellectuel ou manuel^ ; né pour l'éloquence et doué pour cela d'une voix si pénétrante et si sonore, que le souvenir en demeura consacré comme un des dons les plus miraculeux qu'il eût reçus de Dieu^ ; franc et loyal, original et puissant dans ses paroles comme dans ses actions, dans le cloître comme dans les mis-

1 . . . .NuUum etiam unius horse intervallum transire poterat, quo non orationi, aut lectioni, vel scriptioni, vel etiam alicui opération! incumbéret. Jejunationum etYigilarum indefessislaboribus, sine ulla intermissionc, die noctuque ita occupatus, ut supra humanam possibilitateni pondus uniuscujusque videretur specialis operis. Et intcr haec omnibus carus, hilarem semper faciem ostendens, Spiritus sancti gaudio intimis la'tificabatur prcecordiis. Adamn., Prxf., II.

2. Ab expertis quibusdam de voce beati psalmodiae viri indubitantef traditum est. Quffi tox in ecclesia cum fratribus decantatis, aliquando ])er quingentos passus... aliquando per mille incomparabiliter elevata modo audiebatur. Mirum dictu ! Kec in auribus eorum qui sccuui in ecclesia stabant vox ejus modum humanam vocis in clamoris granditate excedebat... Similiter enim in auribus prope et longe audientium personabat. Adamn., I, 37. — Dans un autre endroit, il le (jualifie de sermone nitidus.

sioiis et les assemblées ^ sur terre et sur mer, en Irlande comme en Ecosse, toujours dominé par l'amour de Dieu et du prochain qu'il voulut et qu'il sut servir avec une droiture passionnée : voilà quel futColumba ! A côté du religieux et du missionnaire, il y avait donc en lui, comme on l'a vu, l'étoffe d'un marin et d'un soldat, d'un poëte et d'un orateur. Personnage, à notre sens, aussi singulier qu'attachant, en qui, à travers les brumes du passé et les éblouissements de la légende, on reconnaît l'homme et le héros sous le saint, mais le héros capable et digne de cet honneur suprême de la sainteté, pour avoir su dompter ses entraînements, ses faiblesses, ses instincts, ses passions, et les transformer en instruments dociles, féconds et invincibles, de la gloire de Dieu et du salut des âmes.

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