O'Donovan's, Fourmasters, 1. 1, p. 25 et
du plomb, en vue de terre, leurs compatriotes disaient qu'il faudrait l'appeler, non plus saint Columba, mais saint Quhalme\ comme qui dirait : le saint de la Mort subite.
Les peuples ont besoin de croire à ces vengeances de Dieu, toujours trop lentes et trop rares, et qui, en Irlande surtout, ont à peine illuminé d'un éclair fugitif la nuit séculaire des crimes et des iniquités de la conquête. Heureuses encore les nations, où l'éternelle légitimité de l'appel contre le mensonge et le mal se place sous l'abri de Dieu et de ses saints ! Heureux aussi les saints qui ont laissé à la postérité la mémoire de leur indignation contre l'injustice! Leur gloire n'en demeure que plus pure et plus tu- (élaire; témoin celle de notre Columba, dont l'effigie se voyait avant-hier, après treize siècles écoulés, à côté de celle de saint Patrice, de la Harpe d'Erin et de l'Arbre de la liberté, sur les bannières arborées par les patriotes irlandais dans leurs démonstrations contre la suprématie britannique ^
Tant que le corps de Columba reposa dans son tombeau insulaire, lona, désormais consacré par la vie et la mort d'un si grand chrétien, demeura le
1 . Quhalme en anglo-saxon signifiait mort subite, d'où quahn en anglais moderne pour défaillance, tourment.
2. Compte rendu du meeting des Nationalistes, tenu le 4 octobre 1865 sur la montagne de Kiilcen, au comté de Tipperaiy, dans le Cork Herald. La bannière représentait un arbre de la liberté flanqué des deux saints, Patrice et Columba, et avec la harpe d'Irlande au-dessous.
sur les églises celtiques.
sanctuaire le plus vénéré des Celtes. lona fut donc, pendant deux siècles, la pépinière des évêques, le centre de l'éducation, l'asile de la science religieuse, le point d'union entre les îles Britanniques, la métropole et la nécropole de la race celtique. Soixante-dix rois ou princes y furent enterrés aux pieds de Columba, fidèles à une sorte de loi traditionnelle dont Shakspeare a consacré le souvenir \ lona conserva, pendant ces deux siècles, une suprématie incontestée sur tous les monastères et toutes les églises de la Galédonie, comme celles d'une moitié de l'Irlande % et nous la verrons dis- suprématif
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puter longtemps la suprématie religieuse des Anglo- Saxons du Nord aux missionnaires romains. Plus tard encore, s'il nous est donné de poursuivre jusque-là ce récit, nous verrons à la fin du onzième siècle ses ruines relevées et restituées à la vie claustrale par l'une des plus nobles et des plus toù-