‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 101 sur 148 · LiTTuÉ, Journal des Savants j novembre · texte numérisé non relu

LiTTuÉ, Journal des Savants j novembre

passions, les vertus et les vices des nouveaux chrétiens d'Angleterre, qu'à retracer, dans leur suite méthodique ou chronologique, des événements incertains ou insignifiants. Qu'il suffise à nos lecteurs d'être assurés que jamais nous ne nous permettrons de leur présenter, sous les apparences de la vérité, des actes ou des paroles qui ne sauraient prétendre à une certitude incontestée.

Pour mettre un peu d'ordre dans les notes que nous avons pu glaner sur les rehgieuses anglosaxonnes, il semble utile de les grouper par dynasties principales, d'après les familles et les contrées dont étaient issues toutes ces nobles femmes si dévouées à Dieu, à saint Pierre et à saint Benoît, qui ont pris place sur les autels de l'Angleterre cathohque.

Je crois n'avoir plus rien à ajouter sur les princesses northumbriennes issues d'Ella et d'Ida, de VHomme de feu et du Ravageur. Les saintes et puissantes abbesses Hilda de Whitby, Ebba de Coldingham, Elfleda, la fille d'Osvvy, vouée à Dieu dès sa naissance, comme rançon de l'affranchissement de sa patrie, sa mère Eanfleda, qui, devenue veuve, alla finir sa vie dans l'abbaye de sa fille; ces noms, si souvent répétés, n'ont peut-être pas échappé à la mémoire de tous nos lecteurs. Ajoutons seulement que, d'après la tradition ancienne

et généralement répandue * , bien que contestée par l'érudition moderne, les trois fils d'Os\A y, qui relouèrent successivement sur la Nortlmmbrie et dont il a été si souvent question dans la vie de Wilfrid, furent tous les trois abandonnés par leurs femmes, qui voulurent se consacrer à Dieu ; sans toutefois que les deux princesses mariées à l'aîné et au plus jeune de ces princes aient suscité les mêmes luttes ou acquis la même célébrité que leur belle-sœur sainte Etheldreda, la femme du roi Egfrid.

Passons maintenant aux princesses de la plus ancienne des dynasties anglo-saxonnes, la première convertie au christianisme, celle des Ascings, qui régnait sur les Jutes du royaume de Kent.

La première et la plus historique des princesses de la descendance d'Hengist que nous rencontrons dans le cloître n'est autre que cette douce et dévouée Ethelburga, dont les aventures se lient d'une façon si intime à l'histoire des débuts du christianisme de la Northumbrie" . Fille du premier roi chrétien du midi de l'Angleterre, elle épousa le premier roi chrétien du Nord, cet Edwin, dont la conversion

1. Cette tradition, acceptée par Pagi {uhi supra) d'après Guillaume de Malmsbury, Alford et bien d'autres, est contestée par les BoUandistes, en ce qui touche les deux princesses mariées aux deux frères, Alchfrid, l'ami de Wilfrid, et Aldfrid, son ennemi.

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