Otulo, De vita et virtutibus S. Bonifacii, p
LES RELrGIEUSES ANGLO-SAXONNES. 315
cette abj^aye de Barking où nous avons vu successivement la sœur et la femme d'Ina, la reine de Northumbrie et la reine de Wessex, aller prendre le voile, l'une du vivant même de son époux, et l'autre après la mort du sien.
Elles y eurent toutes deux pour abbesse Hildelida, dontBede a vanté la sage administration et la sainte vie prolongée jusqu'à un âge fort avancé \ mais à qui ses relations avec saintAldhelm et saint Boniface ont surtout fait une célébrité spéciale. C'est à elle et à sa communauté que le fameux abbé de Malmsbury a dédié son Éloge de la virginité, composé d'abord en prose et qu'il refit plus tard en vers. Dans sa dédicace il nomme, outre l'abbesse et la reine Cuthburga, huit autres religieuses qui lui étaient unies par les liens du sang ou d'une amitié intime, dont la sainte renommée lui paraît un honneur pour l'Eglise, et dont la correspondance affectueuse et abondante le comblait de joie".
La lecture de ce traité, comme de tous les écrits un peu considérables d'Àldhelm, est rebutante, tant il y a de pédantisme et d'emphase. Mais elle offre un
1. ffist. Eccl, IV, 10. —Cf. s. Bomv \cii Epist., 10; éd. Jaffe.
2. Nec non Osburgee mihi contribulibiis necessitudinum nexibus congUitinatœ, Aldgideeac Scliolasticae, Hiklburgee et Burngidœ, Eulaliœ ac Teclee, rumoresanctitatis concordiler Ecclesiamornanlibus. He laudibus virginitatis, p. I, éd. Giles.
grand intérêt à qui veut se rendre compte des idées et des images que pouvait invoquer l'un des plus saints et des plus savants pontifes de l'Église anglosaxonne, en s'adressant à des religieuses de son temps et de son pays. Il leur cite tous les grands exemples de la virginité que peuvent lui fournir l'Ancien et le Nouveau Testament, la vie des Pères et des Docteurs, et surtout Fliistoire des martyrs des deux sexes. Mais il leur cite aussi Virgile et Ovide, entre autres le vers si connu :
Quadriipedante putrein sonitu qualit ungula campum,
puis celui de V Epithalamium :
Mellea tune roseis hcerescunt labia labris^
Il ne se borne pas à les comparer, selon une image devenue promptement l)anale, aux abeilles qui butinent leur miel sur les fleurs les plus diverses. Il les assimile tantôt aux athlètes du cirque, et se complaît à cette occasion dans l'énumération de tous les exercices des jeux olympiques ; tantôt à des cohortes guerrières, engagées dans une lutte acharnée contre ce qu'il appelle les huit vices principaux ; et alors il emprunte ses images et ses exhortations à la vie militaire, mais toujours en entremêlant à son