De lawJihus virf/inifatis. v
singulier latin des mots et des tom^nures essentiellement helléniques et qui présupposent, aumoinschez plusieurs de ses correspondantes, une certaine counaissance de la langue grecque. Les dernières lignes de son traité respirent une humilité et une t enchâsse qui émeuvent. Il se compare à un peintre difforme qui aurait entrepris de reproduire les traits de la beauté, lui pauvre pécheur qui, encore plongé dans les flots de la corruption, montre au prochain le rivage de la perfection, ce Au secours donc, chères écohères du Christ, » leur dit-il, que vos prières soient la récompense de mon trav^ail, et, comme vous me l'avez si souvent promis, que votre communauté me protège auprès du Tout-Puissant... Adieu, vous qui êtes les fleurs de FÉgKse, les perles du Christ, les bijoux du paradis, les héritières de la céleste patrie, mais qui êtes aussi mes sœurs par la règle monastique, et mes élèves par les leçons que je vous ai données^ . »
Les rehgieuses de Barking ne furent d'ailleurs pas les seules à qui Aldhelm ait ach^essé les effusions de sa plume infatigable et de sa muse laborieusement classique ; et l'on nous cht expressément que
1. Piilchrum depinxi horninein pictor fœdus, aliosqiie adperfectionis litus dirigo, qui adliiic in delictoruui tluctibiis versor... Valete, o flores Ecclesice, sorores monasticœ, alamnœ scholasticœ , Christj margaritce, paradisi geinince et cœlestis patries participes. Ibid., c. 60.
les œuvres qu'il leur dédiait étaient recherchées par toutes celles qui suivaient la même carrière'. Plusieurs de ses lettres et de ses poésies sont adressées à des religieuses dont il ne dit pas le nom, et dont il sollicite non seulement l'intercession auprès de Dieu, mais la protection contre les critiques d'icibas". Toutes ces communautés, qui étaient honorées de ses visites ou de sa correspondance, prenaient sans doute plaisir aux jeux de mots, aux acrostiches et aux logogriphes gréco-latins, dont le célèbre prélat émaillait sa prose et ses vers ; et quelque insignifiant que nous semble aujourd'hui ce genre de productions, il implique néanmoins un certain degré de culture littéraire généralement répandue dans les cloîtres anglais.
Mais l'intérêt qui s'attache à cette révélation sur le mouvement des études chez les reUgieuses anglo-saxonnes ne peut que s'accroître quand on s'aperçoit que les préoccupations intellectuelles, tout intenses qu'elles fussent, étaient loin de tenir la première place dans le cœur ou l'esprit de ces aspirantes novices à la gloire littéraire. Le salut des âmes et la tendre union des cœurs l'emporte de