‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 125 sur 148 · Voir plus haut, liv. VII, t. II, p · texte numérisé non relu

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4. Hist. EccL, IV, 1. — Muratori soutient que les doubles monastères ont toujours été inconnus en Italie. Antiquit. medii œvi, t. V, p. 527.

provenir du rapprochement trop intime ou trop fréquent des religieux de difterents sexes ' . Toutefois les premiers pontifes et missionnaires deTHibernie; forts de cette chasteté exceptionnelle du tempérament irlandais , qui est demeuré jusqu'à nos jour s le glorieux privilège de cette race, forts surtout de leur propre ferveur et de leur passion exclusive pour le salut des âmes, ne redoutaient ni la société des femmes qu'ils avaient converties ni la charge de les gouverner quand elles voulaient se consacrer à Dieu ". Moins rassurés, si ce n'est plus humbles, leurs successeurs, ceux qui sont qualifiés de saints du second ordre dans les annales hagiographiques del'Irlande, décli-

1. JocELiNus, Vit. S. Patr., ap. Bolland., p. 592. — Le canon 9 du T concile qui lui est attribué est ainsi conçu : « Monachus et virgo, unus abhinc et alla ab aliunde, inuno'iospitio non commeant, nec in uno curru a villa in villam discurrant, nec assidue invicem con. fabulationem exerceant. » Ap. Coletti, t. IV, p. 754.

2. A cette catégorie de saints se rattache l'évéqueDega Maccaryl (déjà cité plus haut, t. Mf, p. 91\ mort en 586, et dont il est dit : Confluxeruntundiqueadeum sanctae virgines, ut subejus régula défèrent... Moniales illas versus septentrionemducens, indiversislocis diversa monasteria, in quibus cum aliis virgi nibus seorsum Deo servirent, eis, proutdecuit, construxit. » Bolland., t. 111 Augusti, p. 660. On voit d'ailleurs qu'un abbé voisin fitdes reproches ausaintévêque, ut eum de susceptione virginum ohjurgaret.

Il y a aussi l'exemple des trente filles éprises de saint Mochuda, qui finirent par devenir religieuses sous son autorité, déjà cité, t. III, p. 93. Puis celui de sainte Monynna, contemporaine de saint Patrice, qui, avec huit autres vierges et une veuve, va chez un saint évêque Ibar, et longo tempore sub ipsius disciplina cum multis aliis virginibus permansit. Bolland., t. lIJulii, p. 291.

nèrent la responsabilité de cette administration des communautés plus ou moins nombreuses de vierges qui s'étaient groupées autour des saints plus anciens * ? Ils poussaient la rigueur au point de refuser l'accès de leur retraite même aux recluses qui ver naient leur demander le viatique ". Cependant on voit perse vérer l'habitude de combiner la fondation ou au moins l'administration des monastères de femmes avec celle d'une communauté analogue d'hommes. Mais comme les saints abbés ne voulaient plus se charger de gouvernerles religieuses, on renversa le problème. De là sans doute cet usage sin^guHer, mais universellement établi à partir du septième siècle, non pas en Irlande, où je n'en ai trouvé aucun exemple, mais dans toutes les colonies irlandaises composées de deux communautés réunies, qui soumettait non les rehgieuses à l'autorité d'un supérieur ecclésiastique, mais les moines à celle de Tabbesse des religieuses leurs voisines.

1. Abnegant mulierum admiaistrationern, séparantes eas a monasteriis. Texte cité par Ussher.

2. C'est ce que l'on raconte de saint Senan, fondateur, vers o30, dun monastère dans une île à l'embouchure de la Shannon, où il n'était permis à aucune femme de débarquer :

Cui prœsul : Quid feminis Commune est cum monachis?

Nec te nec ullam aliam Admittemus in insulam.

Vita.rhythmica, ap. Lanegan, II, -

MOINES d'oCC, V. 19

Tel était l'état des choses clans les fondations que nous avons vu éclore sous l'influence de saint Golomban, l'apôtre irlandais des Gaulçs, dans les Vosges, dans la vallée de la Marne et de la Seine; tel est celui que nous retrouverons en Belgique, lorsque nous y constaterons T influence monastique des Irlandais et des Bretons. Les princesses anglo-saxonnes vouées au cloître avaient donc trouvé cet usage établi dans les maisons de la Gaule où elles avaient reçu leur éducation religieuse, à Faremoutier, aux Andelys, à Ghelles, à Jouarre\ Elles le rapportèrent en Angleterre, où il fat immédiatement et universellement adopté; car de toutes les grandes abbayes de femmes dont nous avons parlé, il n'y en a pas une seule où l'on ne trouve un monastère de clercs ou de prêtres placé aux portes de la communauté de religieuses et gouverné par l'abbesse '. Rappelons seulement Whitby, où la princesse Hilda dirigeait le monastère -école, qui fut la pépinière de tant d'évêques et de missionnaires, mais dont le bouvier-poète Geadmon, déjà tant de fois cité, demeure la principale célébrité ^ ; puis Ely, où la reine Etheldreda attira par son exemple et rangea

1. BEDE, III, 8. — Mabili.on, Acta SS. 0. S. B.,t. I, p. 420; 1,11 p. 20.

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