Epist. 88, éd. Jaffé
2. Dominœ dileclissiniœ Christique religiosissimeeabbatissfe, regalis prosapiœ generositate prœditse... Agnoscere cupimus almltalis' tuae clementiam, quia te prœ cœleris cunctis feminini sexus in cordis cubiculo cingimus amore... Epist. 41, éd. Jaffé.
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refuser la douceur de recevoir des lettres d'elle, et pour lui affirmer que la fraternité spirituelle qui les unissait tous deux le rendait capable de tout pour lui plaire ' . Il nous reste enfin une lettre d'un religieux anonyme aune religieuse également inconnue, lettre qui a eu F honneur de traverser les siècles à la suite des épîtres de saint Boniface, ce dont il faut se réjouir, car elle jette un jour aimable sur les tendres et naïves émotions dont débordaient ces cœurs honnêtes et simples, humbles et ardents, qui ont conquis l'Allemagne à la foi de Jésus- Christ.
(( N., bien qu'indigne d'une affection vraiment intime, à N., salut et bonheur dans le Seigneur... Sœur très aimée, bien que la vaste étendue des mers nous sépare quelque peu, je m'efforce chaque jour de redevenir votre voisin par la mémoire. Je vous conjure de ne pas oublier les paroles que nous avons échangées et ce que nous nous sommes promis le jour de mon départ. Salut, très chère; vivez longtemps, vivez heureuse en priant pour moi. Je vous écris ces lignes, non pour vous imposer arrogamment mes volontés, mais pour vous demander
1. Et si quidmihi... imperare volueris, scit caritasillaquœ inter nos est copulala spirilali germanitate, id meam parvitatem totis nisibiis implere velle. Interea rogo ut mihi litteras tuée dulcedinis de^linare non deneges. Epist. 75, éd. Jaffé.
humblement les vôtres, comme à ma propre sœur, si j'en avais uneV »
Quelque tendre et expansif que fut le ton des lettres qui arrivaient d'Allemagne dans les cloîtres anglo-saxons, il semble y avoir quelque chose de plus intime et de plus ardent dans ce qui nous reste de celles qui s'écrivaient dans les cellules de Winbourne, de Minster, comme de bien d'autres monastères, et que l'on dépêchait delà, quand un messager sûr se présentait, en y joignant force présents de livres, vêtements, épices, linges sacrés, etc., aux religieux engagés au delà des mers dans la grande œuvre des missions germaniques.
1. Intimaedileclionisamorequamvisindignus... Amantissima soror, licet longuscula alta marium eequalitate distem... Sis memor, carissi4iîa,verboriim nostrorum, queepariter perpigimus, quandoprofeclus fuerani... Yale, vivens œvo longiore et vila feliciorejnterpellans pro me. Haec pauca ad te scripsi, non arroganter mea commendans, sed humilitcr tua deposcens seu... propriee germanœ nuper nanctae.Vale. Epist. 139, éd. Jaffé. — Cette aimable prose est malheureusement suivie d'une effusion en vers latins, beaucoup moins de notre goût :
Vale, Christi virguncula, Cliristi uenipe tiruncula, Milù cara magnopere atque gnara in opère, etc.
Cf. les lettres 96 et 97 de la même collection. — Ajoutons que Ton retrouve cette même tendre et simple familiarité de religieux à religieuse, cinq siècles après nos Anglo-Saxons, dans la très intéressante collection des lettres du B. Jourdain de Saxe, deuxième général des Dominicains, aux religieuses de Sainte-Agnès de Bologne, et à la B. Diane, leur fondatrice, récemment publiées par le père Bayonne Paris et Lyon, chez Bauchu, 1865."
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On y trouve le plus souvent, comme nous l'avons déjà vu, un ardent et invincible désir de voyager, de courir à Rome malgré les obstacles si nombreux et si formidables que ce pèlerinage devait rencontrer, malgré les périls de tout genre auxquels s'exposaient les femmes qui l'entreprenaient, et que saint Boniface et ses collègues avaient si énergiquement signalés. La dernière trace qui nous reste de l'activité exemplaire de l'illustre Elfleda, abbesse de Whitby, morte en 714, après soixante ans de religion, est une lettre de recommandation adressée à la fdle du roi d'Austrasie, abbesse d'un monastère, près de Trêves, en faveur d'une religieuse anglaise qu'elle qualifiait de sa fille parce qu'elle l'avait élevée depuis l'adolescence : elle Pavait retenue le plus longtemps possible auprès d'elle pour le bien des âmes, mais lui avait enfin permis de satisfaire son ardent désir de visiter les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul'. L'une des principales amies de saint Boniface, l'abbesse Bugga, qu'il ne faut pas confondre avec celle que nous avons déjà citée, eut non seulement la force et le droit d'accomplir ce voyage, mais encore le bonheur de se rencontrer avec lui à Rome, d'où elle revint saine et sauve pour reprendre le gouvernement de sa communauté".