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LES RELIGIEUSES ANGLO-SAXONNES. 36o
jour ni nuit que je ne me souvienne de vos leçons. Croyez-moi, car Dieu m'en est témoin, je vous aime d'un suprême amour. J'ai confiance que vous n'oublierez jamais l'amitié qui vous unissait à mon frère. Je suis bien peu de chose et bien au-dessous de lui par le mérite et la science ; mais je ne lui cède en rien par mon affection pour vous. Le temps a coulé depuis lors; mais le sombre nuage de la douleur ne m'a jamais abandonnée. Au contraire, plus j'ai vécu et plus j'ai souffert ; j'ai éprouvé la vérité de ce qui est écrit, que ramour de Phomme enfante la douleur, tandis que ramour du Christ illumine le cœur. Mon cœur a reçu une nouvelle blessure par la perte de ma très chère sœur Wethburga. Elle a disparu subitement d'auprès de moi, elle avec qui j'avais grandi, elle qui avait sucé le même lait que moi, j'en atteste Jésus... »
Ici la pauvre fille veut sans doute montrer à son ancien maître qu'elle n'a pas été indigne de ses leçons. Elle se met à citer son Virgile :
...Crudelis ubiqiie Luctus, iibique pavor, et plurima mortis imago*.
Mais elle le cite de travers sans s'en apercevoir, pas plus que de deux ou trois solécismes terribles qui