‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 137 sur 148 · Bede, IV · texte numérisé non relu

Bede, IV

amie, par une vision nocturne où elle vit sa chère Ethelburga enveloppée d'un linceul plus éclatant que le soleil, et enlevée au ciel par des chaînes d'or qui représentaient ses bonnes œuvres. Privée de sa mère spirituelle, elle vécut encore pendant neuf ans en proie aux plus cruelles infirmités, afin, dit Bede, que la fournaise de cette tribulation quotidienne put consumer tout ce qui pouvait rester de souillure parmi tant de vertus. Elle avait fini par être paralysée de tous les membres et même de la langue. Trois jours avant sa mort elle retrouva la vue et la parole; on l'entendit échanger quelques mots avec un visiteur invisible : c'était sa très chère Ethelburga qui venait lui annoncer sa délivrance. (( Je puis à peine supporter cette joie, » disait la malade; et dès la nuit suivante, affranchie à la fois des liens de la chair et de la maladie , elle entra dans la joie éternelle*.

On montre encore dans la belle éghse de Beverley un monument sépulcral qui se nomme la tombe des vierges; c'est celles des deux filles d'un comte, bienfaiteur de la grande abbaye de Saint-Jean, où elles avaient pris le voile. En la nuit de Noël, selon la légende, elles sortirent les dernières de la messe de minuit et ne reparurent plus dans leurs stalles. Après l'office de la nuit suivante, l'abbesse, inquiète

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