GUILL. Mauiksb., p
2. Vir blandus verbis monens suavibiis... Mercatorum ex diversis
, Sa sollicitude pour le bien des âmes et l'honneur de rÉglise s'étendait même en dehors de sa province natale. Il ne fut pas indifférent, comme tant d'autres saints é vêques et abbés de son temps , aux nobles luttes de Wilfrid. On a une lettre de lui, adressée aux membres trop nombreux du clergé de Wilfrid qui avaient abandonné leur pontife au milieu de ses épreuves et qui, pendant son exil, mendiaient la faveur de ses persécuteurs, ce Je vous en supplie à genoux, » leur écrivait Aldhelm, ce ne vous laissez pas troubler par l'ouragan qui vient d'ébranler les fondements de votre église, et dont le bruit a retenti jusqu'à nous. Sachez, s'il le faut, quitter avec votre pontife le pays de vos pères et le suivre dans l'exil. Quelle douleur, quel labeur pourrait vous séparer de celui qui vous a nourris, élevés, portés dans ses bras et dans son cœur avec une si tendre charité?... Voyez les séculiers, étrangers à toute science des choses divines. Que dit-on des laïques qui, après avoir aimé et servi leur seigneur dans sa prospérité, l'abandonnent quand il tombe dans le malheur et la pauvreté ? Que dit-on de ceux qui aiment mieux goûter le doux repos de leurs foyers que s'associer aux misères et à l'exil de leur prince? Par quelle explosion universelle de risée, de mépris et d'exécrations
partibus multitudo congregabalur maxima : cui pater iste exlra urbem veniebat obviando... Bolland., t. VI Maii, p. 85.
ne sont-ils pas flétris^? Et de vous donc, de vous, prêtres, que ne dira-t-on pas si vous laissez partir seul dans son bannissement le pontife qui vous a instruits et ordonnés? » On ne nous a pas dit quel fut le succès de cette lettre ; mais il n'en est pas moins curieux de voir notre abbé anglo-saxon, en digne descendant d'Odin, invoquer au profit de l'autorité épiscopale et chercher à réveiller dans le cœur de ses confrères cette tradition du dévouement personnel, ce sentiment passionné de la féaiUé au prince et au seigneur dont les Anglo-Saxons nous ont déjà fourni plus d'un exemple touchant.
Pendant les trente années que dura son abbatiat, Aldhelm fut le véritable fondateur de Malmsbury ; il lui donna cette existence puissante et populaire qui dura jusque fort avant dans le moyen âge. îl y attira une foule immense de religieux et d'étudiants". Par la grandeur et la variété de ses constructions, il en fit le plus bel édifice qu'il y eut alors en Angleterre. La sympathie qu'il inspirait aux rois et aux nobles du Wessex et de la Mercie valut au monastère situé sur les confins de ces deux régions de nombreuses
1. Ecce seculares divinse scientise extorres, si devoturn dorainum quem in prosperltate dilexerunt... deseruerint... Nonne execrabiles cachinni ridiculo et gannalurae strepitu ab omnibus ducuntur? Quid ergo de vobis diceUir? eic. Epistola ad clerum Wilfridi episcopi, p. 335.