Voir au tome m, page
concours cleFabbé Ceolfrid, qui depuis vingt ans occupait dignement la place du saint voyageur (710). Il lui envoya toute une ambassade chargée de lui demander de bons arguments rédigés par écrit, pour réfuter les partisans de l'observance celtique, quant à la Pâque et à la tonsure. Il le priait de lui envoyer en même temps des architectes pour lui bâtir une église en pierre à la façon des Romains, promettant de la faire dédier en l'honneur de saint Pierre et en outre de suivre avec tout son peuple les usages de l'Église romaine, autant que la distance et la différence du langage le permettraient' .
Ceolfrid lui envoya ces architectes qui étaient assurément des moines de sa communauté, et dont la mission nous donne ainsi la date exacte de l'introduction d'une architecture chrétienne en Ecosse, où jusqu'alors il n'existait que des églises en bois ou en osier à la façon irlandaise. Il écrivit en même temps au roi des Pietés une grande lettre dont Bede nous a conservé le texte. Il débute par citer, non pasFEcriture ou les Pères, mais Platon et le passage si connu de la République où il est dit que, pour le bonheur du monde, il faudrait que les rois fussent philosophes ou que les philosophes fussent rois. Dans la gloire si légitime du plus grand penseur de l'antiquité, il n'y a peut-être pas de rayon plus pur et plus pré-