CHAPITRE V
Les rois moines.
L'étoile de la Northumbrie pâlit, malgré l'érection du siège d'York en métropole. — Triste fin de la lignée d'Oswy. — Le roi Ceolwulf, àquiBede dédie son histoire, se fait moine à Lindisfarne; son successeur Eadbertfait comme lui. — Autres rois moines. — Presque chaque dynastie de l'Heptarchie fournit son contingent.
— En Est-Anglie : Sigebert, qui meurt sur le champ de bataille.
— EnEssex : Sebbi, qui ramèneson peuple à la foi, et veut mourir sans témoins; Offa, qui va mourir à Rome. ^ Dans la Mercie, qui hérite de la prépondérance des Northumbriens : Coenred , compagnon du voyage et de la vocation d'Oflfa; Ethelred, fondateur, moine et abbé de Bardeney. Un autre roi mercien , Ceolred, meurt dans une orgie. — Ethelbald, poursuivi par Ceolred, se réfugie dans les marais de Croyland, auprès du solitaire Gulhlac, qui lui prédit qu'il sera roi de Mercie. — Ce qu'avait été Guthlac avant de se faire anachorète. — Sa vie de solitaire reproduit divers traits de celle des plus illustres saints de l'ordre monastique. — Mort de Guthlac. — Fondation de la célèbre abbaye de Croyland sur l'emplacement de sa cellule. — Suite et fin du règne d'Elhelbald; remontrances des missionnaires anglo-saxons en Allemagne. — La suprématie passe de la Mercie au Wessex. — Trois rois west-saxons abdiquent pour se faire moines ou pèlerins à Rome; Centwin, puis Ceadwalla, l'ami de Wilfrid, qui meurt à peine baptisé par le pape, et enfin Ina, l'ami de saint Aldhelm. — Règne d'Ina, législateur, vainqueur et pacificateur des Bretons, restaurateur du sanctuaire celtique de Glastonbury, premier protecteur de saint Boniface. — A la suite d'une surprise préparée par sa femme, il va mourir en pénitent à Rome, où il fonde la Schola Saxonum. — Affluence des pèlerins anglo-saxons des deux sexes à Rome. — Abus et désordres. — Les faux moines et les faux pèlerins. — ■ L'âge d'or est une chimère dans l'histoire de l'Église comme ailleurs.
Must lose
Tlie name of king? O'God's name, let it go ! rilgive my jewels for a set of beads, My gorgeous palace, fora liermitage; My gay apparel, for an alm's-man's gown ; My figur'd goblets, for a dish of wood ; My sceptre, for a palmer's walking staf ; M y subjects, fora pairof carved saints; And my large kingdom, for a Utile grave, A little,little grave, an obscure grave,
Shakespeare, Richard II.
Becle avait dédié son Histoire des Anglais au roi de sa chère Northumbrie, à ce Geolwulf, dont la tendre sollicitude pour les intérêts religieux lui faisait espérer une réforme prochaine des abus du gouvernement ecclésiastique dans le nord de l'Angleterre \ Mais deux ans après la mort du grand historien monastique, Geolwulf se fit lui-même moine. Ce prince était bien de la race d'Ida le Brûleur, mais d'une autre branche que toute cette progéniture d'Ethelfrid, le Ravageur,dont les relations avec Aïdan et Wilfrid, avec Hilda et Ebba, avec Lindisfarne et Melrose, nous ont si longuement occupés.
La lignée d'Ethelfrid avait bien mal fini dans ce jeune Osred (705-716), dont Favènement avait coïncidé avec les dernières luttes de Wilfrid, et que l'on s'était plu à regarder comme le fils adoptif du grand évêque -. Loin de marcher sur les traces de son