‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 37 sur 148 · Voir au tome IV, p · texte numérisé non relu

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père Aldfrid et de son aïeul Osvy, il n'a laissé aucune trace de sympathie pour les institutions et les idées que les moines représentaient chez les Anglo-Saxons. A peine adolescent, il manifesta tous les penchants de la tyrannie en s'abandonnant à ses passions sauvages dont les explosions fréquentes ne révèlent que trop combien était rude la tâche des docteurs et des ministres de la pureté chrétienne chez les races germaniques. Dans son précoce et impétueux libertinage, il se plaisait surtout à outrager les vierges consacrées au Seigneur, et courait de monastère en monastère pour y chercher une proie sacrilège' . En revanche, il obligeait les nobles qu'il poursuivait et qu'il daignait épargner dans les massacres, à se faire tondre et à s'ensevelir malgré eux dans les cloîtres". Une mort violente arrêta ses débordements (716).

1. Osredum spiritus luxuriee fornicanlem et per monasteria nonnarum sacratas virgines stupranteni et fiirentem agitavit, usquequo ipse gloriosiim regnum et juvenilem vitam et ipsain luxuiiosana aiiimam contemptibill et despecta morte perdidit. S. Bonifacii Epist. 59 ad Ethelbaldum. — Turpem vitam sanctimonialium stupris exagitans. Guill. Malmesb., I, 53.

2. Non proceres veneratus erat : non dcnique Christum. Hic igitur niultos miseranda morte peremit.

Ast alios cogit summo servire Parenli, Inque monasterii attonsos consistere septis... Anglorum proceres nimium trucidante tyranno Servitium Domini miles prœfalus inibat...

Ethelwolfi Carmen de abbatibus et riris piis Lindisfarnens., c. 2 et 4. — Mabillon (Act. SS.O. S. B., t. IV, p. 317), en publiant

Mais déjà l'étoile de la Northumbrie avait pâli sans retour. L'érection définitive du grand évêché septentrional d'York en métropole, dont tous les évêchés au nord de l'Humber durent relever, ne suffit point pour rendre à la Northumbrie l'ascendant qu'elle avait exercé sous des rois comme Oswald et Oswy, sous des évêques comme Aïdan et Wilfrid.Ge futEgbert, évêque d'York, correspondant deBede, et lui-même prince de la dynastie régnante,qui obtint, à force d'instances auprès du pape Grégoire II (735), le rétablissement de la dignité métropolitaine qui avait été d'abord conférée au siège d'York par saint Grégoire le Grand, mais qui, depuis la fuite de Paulin, était tombée en désuétude, et que les décrets postérieurs des papes Yitalien et Agathon avaient paru sacrifier à la suprématie de Gantorbéry . Toutefois cette restauration ne profita qu'à la splendeur de la nouvelle métropole, et nullement au royaume dont elle était la capitale; pas plus, du reste, que l'autorité longtemps universelle et toujours incontestée de la métropole de Gantorbéry n'avait valu la moindre suprématie aux rois de Kent sur le reste de l'Heptarchie.

ce poème, a prouvé que, malgré son titre,il n'y était pas question du grand monastère de Lindisfarne, dont nous avons tant parlé, mais d'un autre monastère du même nom, fondé par le duc Eadmund, (lux nohillsnatu et morihus ; et précisément l'un de ceux que le roi Osred avait forcés de se faire moines,

MOINES d'occ, V. 7

no LES ROIS MOINES.

Après deux règnes obscurs ,Ceolwiilf avait en vain essayé de lutter contre le désordre et la décadence de son pays. Vaincu et captif d'on ne sait quels ennemis, il subit, comme cela était déjà arrivé à plus d'un prince mérovingien, l'affront d'une tonsure involontaire, et fut enfermé dans un cloître (731). Il s'en échappa, reprit la couronne et gouverna quelque temps de façon à mériter les éloges de Bede et à peser sur la décision du pape dans l'affaire de la métropole d'York. Mais après huit ans de règne, il lui survint un regret ou un désir invincible de cette vie claustrale qui lui avait été naguère imposée malgré lui. Il pourvut de son mieux à la sécurité de son pays et à la bonne entente du spirituel avec le temporel, en désignant pour successeur un prince très vaillant de sa race, qui étaitfrère de Tarchevêque Egbert. Puis, renonçant lui-même aux soucis du pouvoir et se montrant véritablement le maître desrichesses qu'il abandonnait, il coupa sa longue barbe, se fit raser la tête en forme de couronne, et alla de nouveau s'ensevelir dans le principal sanctuaire monastique de son pays, à Lindisfarne. Il y passa les trente dernières années de sa vie dans l'étude et le bonheur' (737-767). Il avait, comme roi, enrichi cette

1. Verebcatus efUtterarurnscientiasufficienterconstitutus. Guill. Malmesb., I, 64. — Sponle divitiarum non servus, sed dominus, quasi magnus viles abjecit. Henri Huntingd., Hist.,\. IV, p. 340. —

LES ROIS MOINES. Hl

abbaye de nouvelles et vastes donations, et obtint la faculté de boire du vin et de la bière, pour les moines qui jusqu'alors n'avaient connu d'autre boisson que Feau ou le lait, selon la rigueur de l'ancienne discipline celtique,

Sonsuccesseur,Eadbert, imita son exemple;après avoir, pendant un règne de vingt et un ans, victorieusement combattu les Pietés, les Scots,les Merciens et les Gallois; après avoir reçu les présents et les offres d'alliance du premier des Carlo vingiens, Pépin le Bref, il se fit moine à York (758) , où il avait déjà fondé ce qu'on appelait alors une très noble bibliothèque, et où il s'enrôla parmi les religieux qui constituaient le clergé de la métropole de son frère l'archevêque. Il y vécut encore deux ans, préférant, dit un annaliste, le service de Dieu à tous les royaumes de la terre, et ravi par son violent amour de la céleste patrie \ On a soin de constater qu'il reçut la tonsure romaine, celle de saint Pierre, et non celle des Celtes : c'est la dernière fois qu'il est question dans l'histoire de cette différence, qui un siècle plus tôt avait excité tant d'orages".

Ces deux rois de Northumbrie ne furent ni les

Barham deposuit, coronam accepit. Simon DuNELM.,rfe Gest. reg., p. 69, et 139, ap.TwYSDEN, t. I.

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