‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 52 sur 148 · LiNCARD, I · texte numérisé non relu

LiNCARD, I

voyage, pour y achever sa vie dans la pénitence et Fobscurité. D'après les uns, il embrassa la vie monastique selon la règle de Saint-Benoît* ; d'après les autres, il aima mieux, par humilité, rester confondu dans la foule des autres pèlerins sans tonsure ni habit monastique, et en gagnant de quoi manger par le travail de ses mains".

Sur la rive gauche du Tibre, alors presque déserte, et non loin du Vatican, le roi législateur fonda sous le titre de Schola-Saxonum un établissement destiné à donner une éducation orthodoxe aux jeunes princes, aux prêtres et aux clercs de son pays qui voulaient achever leur éducation religieuse et littéraire à l'ombre de la basilique de Saint-Pierre^ Il y joignit une église et un cimetière spécialement destinés à ses compatriotes, et où il fut lui-même en-

1. ACT. SS . BoLLAND., t. I Febr., p. 915. Mabillon, Act. SS. 0, S. B., t. III, p. 465.

2. GuiLL. Malmksb., I. c. « Dux fœmina facti, » ajoute l'historien monastique, épris et imbibé, comme tousses pareils, des souvenirs de l'antiquité classique.

3. Elle a été transformée par Innocent III en un hospice, qui est devenu le plus célèbre de Rome sous le titre de Spirito invico de Sas.sia. — D'autres traditions attribuent cette importante fondation au jeune Oifa d'Essex, que nous avons vu aller mourirmoine à Rome (Richard DE Cirencester, p. 229, éd.Mayor),ou encore au puissant OfTa, roi de Mercie, mort en 796, dont il sera question plus tard. Dans tous les cas, celui-ci fut un grand bienfaiteur de la fondation nationale à Rome, dont il ouvrit les portes aux étudiants de tous les pays : Ut ibidem peregrini... ex diversis mundi partibus barbari... linguasquas nonnoverint, addiscerent. Matth, Paris, in Vi' Us abbatum S. Albani, cl.

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terré : car il mourut à Rome, dans Fobscurité qu'il avait volontairement recherchée. Sa fidèle Ethelburge resta auprès de lui jusqu'à sa mort, puis revint se faire religieuse en Angleterre.

Le grand bénédictin Wilfrid avait inauguré l'usage de ces pèlerinages à Rome, que personne n'avait connus avant luiV. Quelques années après sa mort ce devint une vraie contai^ion.

Pendant les septième et huitième siècles, Rome fut le rendez-vous d'innombrables pèlerins qui accouraient de tous les points de l'Occident pour contempler la cité sainte et prier aux tombeaux des saints et des martyrs. Aucune nation ne pointa plus de zèle et d'ardeur dans l'accomplissement de ce pieux devoir queles Angio-Saxons. Leurs rois prenaient les devants -, à la différence des Mérovingiens , dont on ne voit pas qu'un seul ait jamais franchi les Alpes pour aller à Rome.

Il se déclara bientôt chez les Saxons de tous les rangs un entraînement irrésistible vers la ville éternelle : princes et évêques, riches et pauvres, prêtres et laïques, hommes et femmes, entreprenaient ce pèlerinage avec une ardeur qui le leur faisait sou-

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