Cf. LlNGAUD
i. C'e.sl le nom primitif de Peterboioiigh; voir tome IV, p. 187.
DES MOINES. 17o
riale cette sorte de sollicitude tiUélaire et presque paternelle qui coinbine d'une si heureuse façon les obligations et les droitsde la propriété. C'étaient les meilleurs des land-lords; tel est le témoiguage rendu, par tous les observateurs attentifs et consciencieux du passé de l'Angleterre, aux moines qui furent les créateurs de la propriété ecclésiastique dans ce pays, et qui en demeurèrent longtemps les seuls titulaires. Ce n'était pas seulement par leurs largesses, par leur habile et généreuse indulgence envers leurs clients directs, qu'il exerçaient sur les classes inférieures une action toujours bienfaisante et toujours acceptée avec reconnaissance. C'était surtout par la protection efficace, éclairée, infatigable, qu'ils étendaient sur les pauvres et les faibles soumis à d'autres lois, à d'autres maîtres qu'à la crosse abbatiale, ce Ils furent, » selon un des grands maîtres de l'érudition moderne, « des médiateurs permanents entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible ; et, il faut le dire à leur éternel honneur, ils ont merveilleusement compris et merveilleusement accompli les devoirs de cette très noble mission. Eux seuls eurent le droit et le moyen d'arrêter la rude main du pouvoir, de mitiger les justes sévérités de la loi, de montrer une lueur d'espérance à l'œil du serf, et de trouver même, dès ce monde, une place et des ressources pour tous
les abandonnés dont l'État ignorait Pexistence'. » Ainsi donc, grâce aux bénédictins anglo-saxons, l'autorité maternelle de l'Église commençait déjà à s'étendre sur toutes les faiblesses et toutes les souffrances. Elle grandissait à vue d'œil en intervenant déjà, quand il le fallait, contre toutes les violences et les tyrannies.
Gomment fut-il donné aux abbés, aux religieux éminents, aux évèques sortis des rangs monastiques, de remplir, dès les débuts du christianisme en Angleterre, ce rôle à la fois si tutélaire et si glorieux? L'influence de la foi et des mœurs chrétiennes, dont ils étaient les interprètes et les gardiens, y contribua plus que toute autre raison. Mais il serait injuste de méconnaître une autre cause, presque aussi efficace : l'union intime et durable entre l'ordre monastique et l'aristocratie anglo-saxonne.
Cette aristocratie, convertie par les moines, leur avait promptement et cordialement ouvert ses rangs. L'histoire n'a point conservé le souvenir d'une race qui ait adopté non seulement les croyan-