Cf FiscHEL, Die Verlassung Englands, p
do la sorviludc romaine, un système de garanties communes, d'indépendance spontanée, de fonctions électives tout à fait conformes aux instincts et aux habitudes des peuples germaniques.
De là, sans doute, cette munificence inépuisable, cette sorte de prodigalité que déploya pendant si longtemps l'aristocratie comme la royauté anglosaxonne dans ses relations avec l'ordre monastique. Chaque jour voyait s'accroître le patrimoine de l'Église, qui n'était guère autre chose alors que le patrimoine des monastères, par des fondations nouvelles ou par des libéralités ajoutées aux fondations antérieures. Nous en avons signalé plus d'une fois les motifs tels qu'ils sont exprimés dans les diplômes du temps, ou tels qu'ils résultent de l'étude des circonstances et des dispositions qui accompagnaient ces actes.
Le sentiment intime de l'instabilité, de la caducité de toute chose humaine, et surtout de la richesse matérielle^ ;
L'humble reconnaissance envers le Dieu dont on tenait tout et à qui l'on croyait ne restituer qu'une partie de ses faveurs, en améhorant le sort de ses ministres^ ;
1 . Dij)lùme d'AIdraed, prince des Ilwiccas, en 759, ap. Codex dipiomat. œvi Saxo7iici,[. I. — Diplôme d'Offa, roideMcrcie, en lld.Ibid.
2. Qnoliens sanclis ac venerabilibus locis vestris aliquid offerre vi-
Le désir et l'espoir d'expier les fautes d'une vie agitée, de racheter les chutes de la fragilité humaine ou de restituer le bien mal acquis, soit en garantissant l'existence d'une classe d'hommes exclusivement vouée au service de Dieu et à la pratique de la vertu' , soit en assurant des secours obligatoires et des ressources permanentes aux pauvres, aux malades, aux délaissés ;
En l'absence d'héritiers naturels, l'espoir de se créer une sorte de postérité spirituelle astreinte à prier toujours pour l'âme des bienfaiteurs ;
Quelquefois comme chez le Cliton Ethelbald, proscrit avant d'être roi% un souvenir et un témoignage de gratitude pour les bienfaits reçus, pour l'asile accordé par le sanctuaire monastique ; plus souvent encore le soin de créer pour soi et les siens une sépulture protégée par des h eux saints et de saintes gens, et servant elle-même de protection à une communauté religieuse contre l'ingratitude et la rapacité de l'avenir^ ; enfin et toujours la certitude de disposer de ses terres au profit des hommes les plus laborieux, les plus utiles, les plus charitables qu'on pût alors rencontrer :
demur, vestra nobis reddimus, non noslra largimur. Quapropter,etc. Diplôme d'Ethelred, roi d'Essex, 692-693. Ibid.