‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 82 sur 148 · Cap · texte numérisé non relu

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du danger que couraient leurs âmes, et de pourvoir à ce qu'ils ne manquassent pas de prêtres en cas de maladie mortelle. Mais rien n'indique que des mesures vigoureuses aient été prises contre l'odieux abus qui avaitproduit ces pseudo-monastères . Les concessions abusives du domaine public, soit à de faux moines, soit, et bien plus souvent encore, à des laïques puissants, continuèrent impunément jusqu'à la fin de la période anglo-saxonne, et amenèrent dans le développement de la population et la condition des hommes libres de graves perturbations qui favorisèrent les invasions danoises et normandes ^ .

Mais le concile de Gloveshove eut à réprimer d'autres abus encore que l'usurpation séculière. L'illustre Boniface, qui touchait déjà au terme de sa glorieuse carrière (670-755) et dont les véhémentes remontrances au roi Ethelbald et au primat d'Angleterre avaient surtout provoqué la convocation de ce concile, ne s'était pas contentée de stigmatiser comme des sacrilèges et des homicides les laïques, fussentils rois ou comtes, qui s'érigeaient en abbés des monastères usurpés^ . Il n'avait pas seulement dénoncé

1. A ceUe époque il ne restait peut-être pas un arpent de folc-land qui n'eût été transformé en boc-land sous divers prétextes. — Kemble, l. c.

2. Ille autemquilaicushomo vel imperator, vel rex,..Sibi per violentiam rapiat monasterium... et incipiat ipse vice abbatis regere et habere sub se monachos et pecuniam possidere, quee fuit Cliristi

aux évoques leurs propres faiblesses, entre autres ce vice national clerivrognerie,dontla dignité épiscopale ne préservait pas toujours les prélats anglosaxons*. Il avait signalé jusqu'au fond des cloîtres l'invasion d'un luxe coupable et d'ornements ridicules dans les vêtements des religieux : il avait constaté que ces puérilités servaient d'introduction à des excès bien autrement graves, d'abord aux mauvaises compagnies, puis à l'abandon de la lecture et de la prière, entîn à la débauche et à la perte des âmes.

Dociles aux instructions de leur illustre compatriote,les douze évoques assemblés àCloveshove avec le roi de Mercie et ses nobles interdirent aux moines et surtout aux religieuses tout changement dans le vêtement, la chaussure ou la coiffure, propre à rapprocher leur costume de celui des laïques -. Le concile leur interdit également de fréquenter les demeures des séculiers et surtout d'y séjourner^ ; il ordonne

sanguine comparaUa, talem hoininem noininantanliqui patres raploreni esacriieguin el honiicidani pauperiini et liipiun diaboliim ^nlranlenn in ovile Cliiisti et maximo anatlienialis vinculo dam nandiim anle tribunal Cliristi. Episiola ad Cuthberium, p. 351, éd. Hussey, No 70, éd. Jalle.

1. Fertur quoqiie in parochiis veslris ebrietatis nialumnitnis ailsuelum esse, ut non solum episcopi quidam non prohibeant, scd etiamipsi nimis bibenies inebrientur, et alios porrectis poculismajoribus cogant ut inebrientur. Ibid., p. 353.

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