‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 85 sur 148 · Eccl., XXXIV · texte numérisé non relu

Eccl., XXXIV

Supposer d'ailleurs que la justice divine soit ainsi vénale, c'est la provoquer à frapper avec autant de rapidité que de sévérité. C'est donc fort à tort que l'on dit partout que tels et tels font chacpie jour des offrandes à Dieu, afin de pouvoir se livrer impunément à leurs désordres. Ce sont des aveugles qui se figurent follement que le juge céleste mettra en balance leurs dons et leurs crimes ininterrompus : il ne leur sert à rien de donner leurs biens à Dieu, pendant qu'ils se donnent eux-mêmes au diable*.

Le concile insiste longuement sur la nécessité de prêcher sans cesse à tous que l'aumône ne saurait tenir lieu de la contrition ni des peines canoniques imposées pour la satisfaction des péchés . Il condamne énergiquement ceux qui prétendraient s'acquitter de leurs pénitences par l'entremise d'autres personnes qui jeûneraient ou chanteraient des psaumes pour leur compte, c'est-à-dire par les religieux qu'entretiendraient les dons des pécheurs. La chair, dit-il, qui a péché est celle qui doit être punie. Laisser croire le contraire aux pécheurs, ce serait les perdre par une adulation corruptrice. Car, si l'on pouvait

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