Voir au lome II, livre IX, p. 612 et
3. Voir au tome IV, p. c3. Bede dit que ce fut à Chelles qu'Hereswida se lit religieuse ; Pagi, dans sa Critique de Baronius (ad
cloîtres des bords de la Marne où sa sœur, Hères wida, la reine d'Est- Anglie, avant même d'être veuve, avait déjà cherché un asile et devait achever sa vie en pratiquant la règle monastique ' .
Ce n'étaient pas seulement, comme on pourrait le croire d'après ce rapprochement avec le grand apôtre celtique de la France orientale, les Northumbriennes, converties au christianisme par des missionnaires celtes, qui accouraient ainsi auprès des filles spirituelles de saint Golomban. C'étaient encore et surtout les jeunes princesses et les fdles de grande maison du royaume de Kent, exclusivement converties par les missionnaires romains. L'arrière-petite-fille du premier roi chrétien des Anglo-Saxons, Earcongotha, ajouta un nouveau lustre à la communauté de Faremoutier par la sainteté de sa vie et de sa mort. Ce fut, dit Bede, une vierge de grande vertu, digne en tout de
ann. 680, c. 14 à 20), soutient, par des raisons trop longues à énu mérer, que Bede et Mabillon se sont tous les deux trompés, l'un en supposant qu'Uereswida fut religieuse à Chelles, et l'autre que Hilda alla l'y rejoindre. 11 prouve qu'il n'y avait aucune trace de la présence des deux sœurs dans les archives ou les calendriers de Chelles avant 1672, époque où la communauté obtint de l'archevêque de Paris, Harlay, sur le rapport du fameux casuiste Sainte-Beuve, la faculté de célébrer la fête de sainte Hilda le 27 novembre, et d'inscrire ie nom de sainte Hereswida au calendrier de la sacristie, à la date du 9 décembre.
1. Bede, IV, 23. — Pagi croit qu'elle se fit religieuse sept ans avant la mort de son mari, mais avec le consentement de celui-ci.
son illustre origine V L'Est-Anglie fournit aussi son contingent à la puissante fondation de la noble Burgundofara : deux sœurs de cette Etheldreda, dont on a vurétrauge histoire, gouvernèrent sucessivement malgré leur qualité d'étrangères, l'abbaye gallofranque de Faremoutier, pendant que leur sœur fondait le plus grand monastère de femmes qu'on eût encore vu en Angleterre". Dix siècles plus tard, une autre princesse étrangère, recueillie à Faremoutier et vouée à Timmortalité par le génie de Bossuet, lui donnait l'occasion de consacrer à cette fameuse maison un panégyrique, plus applicable peut-être à la communauté du septième siècle qu'à celle du dixseptième. (( Dans la solitude de Sainte-Fare, autant éloignée des a oies du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde ; dans cette sainte montagne, où les épouses de Jésus-Christ faisaient revivre la beauté des anciens jours, où les joies de la terre étaient inconnues, où les vestiges des hommes du monde, des curieux et des vagabonds ne paraissaient pas, sous la conduite de la sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants, aussi bien que le pain aux forts, les commencements de la princesse Anne étaient heureux ^ »