Bedk, Hist. eccles. IV
3. La plupart des anciens auteurs ont cru à cette identité. Les Hollandisfes eux-mêmes (t. Il Sept., p. 694) semblent l'admettre, bien qu'ils n'aient point eu connaissance de la Vie de la sainte, écrite au douzième siècle par les moines de Saint-Bee's, et qui repose tout entière sur cette croyance. Mais ce document, intitulé Vita S. Begx etdemiraculisejusdem, publié pour la première fois en 1842, d'après un manuscrit du Musée britannique, par M. Tomlinson dans la collection intitulée Carliste HistoricalTracts, ne saurait, à notre sens prévaloir contre le témoignage contemi»orain de Bede. Celui-ci, toujours si attentif à signaler l'origine scotique des personnages de cette race, quand il y a lieu, garde le silence sur celle de la première religieuse de Northumbrie : et les deux passages du même chapitre (IV, 23) où il parle de Heïu, la fondatrice de Hartlepool, et de Begu, contemporaine de la mort de Hilda, ne semblent nullement s'adapter à la même personne. Aussi le R. P. Fabert dans la Vie de sainte Bega, qu'il a publiée étant encore anglican, en 1814, parait bien croire qu'il y a eu au moins deux saintes dont les actes ont été confondus par la tradition, et a soin de constater que son récit ne vise pointa l'exaclitude historique. — Le poète Wordsvvorth a consacré, dès 1833, quelques-uns de ses plus beaux vers aux souvenirs, encore si populaires, de la sainte irlandaise et des lieux qui portent son nom.
vierge , du nom de Bega , figura parmi les saintes les plus anciennement connues et les plus longtemps populaires du nord-ouest de l'Angleterre. Célèbre dès son vivant par son austérité, sa ferveur et une sollicitude pour les pauvres gens qui la portait, pendant la construction de son monastère, à préparer elle-même les aliments des maçons et à les aller servir dans leurs chantiers, en courant de place en place comme une abeille chargée de miel ^ , elle demeura jusque dans le moyen âge la patronne des populations laborieuses et trop souvent opprimées de la région où la tradition nous la montre débarquant, seule et intrépide, sur une plage étrangère, pour fuir son royal fiancé. Au douzième siècle, le fameux bracelet que l'ange lui avait apporté y était gardé avec une tendre vénération : la pieuse confiance des fidèles en avait fait une relique, sur laquelle on faisait prêter serment aux usurpateurs, aux prévaricateurs, aux violents contre lesquels on n'avait pas d'autre défense , avec la certitude qu'un parjure commis sur uii gage si cher et si sacré ne demeurerait pas impuni. C'était encore à Bega et à son bracelet que les cultivateurs avaient recours contre les impôts nouveaux et injustes dont les seigneurs voulaient les grever. En vain les pillards écos-