Nobilis (lecurio. S. Marc
2. GuiLLELMus Malmksbuuiensis, Autlq. Glasionb. , ap. Gale, Script, rer. Britann., t. HI, p. 293. Cf. Baromus, Ann., ad ann. 48. DucDALE, WoHtt.viicow, t. I, p. 2. Les Bollandistes et divers autres historiens modernes se sont donné beaucoup de peine pour réfuter cette tradition. Elle est encore rapportée dans la lettre que quelques moines adressèrent à la reine Marie, en 1553, pour demander le rétablissement de leur abbaye (ap. Dugdale, t. I, p. 9 de k nouvelle édition.) A cause de cette tradition de Joseph d'Arima- Ihie, les ambassadeurs d'Angleterre réclamèrent la préséance sur ceux de France, d'Espagne et d'Ecosse, aux conciles de Pise en 1409, de Constance en 1414, et surtout de Bâle en 1434, parce que, selon eux, la foi n'avait été prêchée en France que par saint Denis, et postérieurement à la mission de Joseph d'Arimathie. Us- SHER, de Prim. Eccl. Brit., p. 22.
France et de Notre-Dame des Ermites en Suisse. Ce lieu, prédestiné à devenir le premier sanctuaire chrétien des îles Britanniques, était situé sur un affluent du golfe où se jette la Saverne ; il prit plus tard le nom de Glastonbury, et telle avait été, selon F opinion populaire et invétérée , l'origine de la grande abbaye de ce nom, que vinrent peupler plus tard des moines originaires d'Irlande \ Ce sanctuaire des légendes primitives et des traditions nationales de la race celtique passait en outre pour renfermer la tombe du roi Arthur, qui fut, comme Fou sait, la personnification de la longue et sanglante résistance des Bretons à l'invasion saxonne, le champion héroïque de leur Kberté, dé leur langue, de leur foi, et le premier type de cet idéal chevaleresque du moyen âge, où les vertus militaires se confondaient avec le service de Dieu et de Notre-Dame ^
Blessé à mort dans un de ces combats contre les
1 . Il faut consulter sur cette célèbre abbaye, comme sur toutes celles que nous nommerons parla suite, le recueil si curieux intitulé : Monasticon Anglicamim par Dugdale, avec les admirables planches de W. Hollar, qui se trouvent dans les éditions du dix-septième siècle. On crut avoir découvert les ossements du roi Arthur à Glastonbury, sous le règne de Henri II , à la fin du douzième siècle.
2. Voir tout le cycle des poèmes de la Table-Ronde en Angleterre, en France et en Allemagne, et surtout les trois grands poèmes intitulés : Parceval, Titurel et Lokengrin, qui roulent sur le culte du Saint Graal ou Sang Real, c'est-à-dire du sang de Notre-Seigneur recueilli par Joseph d'Arimathie et conservé dans le vase qui avait servi à Jésus-Christ pour l'institution de l'Eucharistie.
Saxons, qui duraient trois jours et trois nuits de suite (5i2 à 547), il fut transporté à Glastonbury, y mourut et y fut enseveli en secret en laissant à sa nation la vaine espérance de le voir reparaître un jour\ et à toute l'Europe chrétienne une gloire légendaire, un souvenir destiné à rivaliser avec celui de Charlemagne.
Ainsi la poésie, l'histoire et la foi trouvaient un foyer commun dans ce vieux monastère cjui fut pendant plus de mille ans une des merveilles de l'Angleterre et qui resta debout, florissant et grand comme une ville entière, jusqu'au jour où Henri VIII fit pendre et écarteler le dernier abbé, devant le grand portail du sanctuaire confisqué et profané'.
Mais il nous faut rentrer dans la réahté de l'histoire et dans l'époque qui doit nous occuper, celle qui s'étend de la moitié du cinquième siècle au milieu du sixième, pendant cette période qui vit les
1. Cf. Thierry, Hist. de la conquête d" Angleterre, liv. I, p. 39, Lappenperg, t. I, p. 104-107. M. de la Borderie, dans son beau récit de la luUe des Bretons insulaires contre les Anglo-Saxons, a fort bien distingué le personnage hyperbolique des traditions légendaires, du véritable Arthur, chef de la ligue des Bretons du Sud et de l'Ouest, et vainqueur des Saxons ou plutôt des Angles dans douze batailles.
2. Le 15 novembre 1.539. Ce martyr octogénaire fut accusé d'avoir dérobé à la main du spoliateur quelques portions du trésor de l'abbaye; il fut poursuivi et mis à mort par les soins de John Russell, fondateur de la maison des ducs de Bedford, et l'un des principaux instruments de la tyrannie de Henri VIU. Voir le récit
Mérovingiens fonder en Gaule la royauté franque si aimée des moines, et saint Benoît planter sur le mont Cassin le berceau du plus grand des ordres monastiques . La Grande-Bretagne , destinée à devenir la plus précieuse conquête des Bénédictins, offrait alors le spectacle de quatre races diverses luttant avec acharnement les unes contre les autres.
Au nord, les Pietés et lesScots, encore étrangers et hostiles à la foi du Christ, retranchés derrière les monts et les golfes qui les faisaient regarder comme des gens d'outre-mer ' , menaçant toujours les contrées méridionales qu'ils avaient écrasées et stupéfiées pendant un siècle par la recrudescence intermittente de leurs infestations , et d'où ils n'étaient repoussés que par d'autres barbares aussi païens et aussi sauvages qu'eux-mêmes.
Plus bas, et dans la contrée dont les golfes de la Clyde, du Forth et du Solway, font la plus centrale des trois presqu'îles dont se compose la Grande- Bretagne, d'autres Pietés sont établis définitivement, à partir de 448, dans la contrée qu'ils avaient arra-
de cette infâme exécution dans la continualioii du Monastlcon de Dugdale, par Stevens, t. I , p. 451. Au moment de la suppression il y avait encore à Glastonbury cent religieux qui vivaient dans une parfaite régularité.
1. Gildas et Bede les appellent gcntes transmarinas : nonquod extra Britanniam essent positœ, sed qui a parte Britlonum erant remolœ.
chée auxBretons, et oùrapôtrc Niniaii avait jeté la semence du cliristianisnie * .
Au sud-ouest et sur tout le littoral delà grande île qui regarde l'Irlande, une population indigène et restée indépendante offre un asile aux malheureux Bretons, abandonnés par les Romains, décimés, saccagés, abîmés pendant un siècle par les Pietés, puis pendant un autre siècle dépouillés, asservis ou expulsés de leurs villes et de leurs champs par les Saxons, et refoulés, les uns dans cette langue ou corne de terre qui s'appelle la Gornouailles, Cornu Wallix, d'autres enfin dans la région maritime qui s'étend des bords de la Clyde à ceux de la Mersey ".