Adamn., Il
comptant une à une toutes les îles jusqu'au moindre îlot, et les bénissant l'une après l'autre, en mémoire des anciens jours ^ .
La tendre et vigilante charité qui se prête à tous CCS incidents de sa vie de marin et de voyageur nous apparaît plus constante et plus énergique encore, pendant toutes les phases de son existence, dans ses relations avec les populations agricoles, soit de l'Irlande, son berceau, soit de la Calédonie, sa patrie adoptive. Au milieu des légendes évidemment fabuleuses et des miracles apocryphes ou puérils, dont les narrateurs irlandais ont farci la glorieuse histoire du grand missionnaire', il est doux
1. Celte légende a fourni à M. Charles Mackay le sujet d'une de ses meilleures ballades, dans sa collection intitulée : Legends of the Isles.
2. Le pieux franciscain Colgan, qui adonné place dans sa précieuse collection des.4c/rt sanctorum Hîbernix (malheureusement incomplète) à un si grand nombre de ces fables, a cependant dû laisser de côté une foule de récits insoutenables que ses prédécesseurs avaient adoptés : « Nonnulla... tanquam ex monumentis vel apocryphis, vel ex rerum forte vere gestorum nimia exaggeratione speciem fabulîe prseferentibus, consulte omiltenda duximus... Quia nobis apparent vel exegetum vel librariorum (qui miris mirabiliora immiscuerunt) licentiis et commentis ita esse depravata ut solum fabularum speciem prseferant. » Trias Thaumaturcja, p, 441. — Les BoUandistes protestent avec encore plus d'énergie, et à maintes reprises, contre les fables qu'ils se croyaient obligés de reproduire : Vitae hujus auctor aliquid habere videtur degenio Hibernico, cui solet esse perquam familiare, ambulare in mirabilibus, in rébus, inquam, supra fidem prodigiosis, ne dicam portentosis. Tome 111 August., p. 658 ; cf. même volume, p. 742; et tome II Julii, p. 241 et 299.
de pouvoir discerner des témoignages irrécnsablerj de son intelligente et féconde sollicitude pour les besoins, les travaux, les souffrances des habitants de la campagne et de son active et féconde intervention à leur profit.
Quand on nous le montre faisant jaillir d'un coup de sa crosse des fontaines d'eau douce en cent endroits divers de l'Irlande ou de l'Ecosse, dans les régions arides ou rocheuses, telles que la presqu'île d'Ardnamurchan ^ ; quand on le voit abaissant, par le seul effort de sa prière, les cataractes d'une rivière de manière que les saumons pussent y remonter dans la saison favorable à la pêche, comme ils l'ont toujours fait depuis , au grand avantage des riverains - ; nous reconnaissons dans ces récits la forme la plus touchante de la gratitude populaire et nationale pour les services rendus par le célèbre religieux en apprenant aux paysans à rechercher les sources, à régler les irrigations, à rectifier le cours des rivières, comme Font fait tant d'autres saints