O'DoNNELL, Quinta vila, i
bienfaisante influence de sa paternelle tendresse. Assis dans la petite hutte en bois qui lui servait de cellule, il interrompait ses études et déposait la plume pour bénir les moines à mesure qu'ils revenaient des champs, des pâtures ou des granges. Les plus jeunes, après avoir trait les vaches de la communauté, s'agenouillaient avec leurs seaux pleins de lait nouveau pour recevoir le loin la bénédiction de l'abbé, accompagnée quelquefois d'un avertissement utile à leurs âmes * .
Pendant un des derniers étés, enrevenant, le soir, de moissonner les maigres récoltes de leur île, et en s'approchant du monastère, les religieux s'arrêtèrent émus et charmés. L'économe du monastère, l'ami et le successeur futur de Golumba, Baïthen, Jeur demandait : a. N'éprouvez- vous ici rien de par- <( ticulier? » « Oui, vraiment, » répondit le plus ancien, « tous les jours, à cette heure et à cette (( place, je respire un parfum délicieux, comme si (( toutes les fleurs du monde étaient ici réunies ; je (( sens aussi comme la flamme d'un foyer qui ne me ((brûle pas, mais me réchauffe doucement; j'é- (( prouve enfin dans mon cœur une joie si inaccou- (( tumée, si incomparable, que je ne sens plus ni (( chagrin ni fatigue. Les gerbes que je rapporte sur « le dos, bien que fort lourdes, ne pèsent plus rien,