‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 130 sur 244 · Adamn., n · texte numérisé non relu

Adamn., n

MOINES DOCC, III. 15

digence de la maison. Le lendemain matin, il se fit amener les cinq petites vaches et les bénit en prédisant à son hôte qu'il en aurait bientôt cent cinq et que la bénédiction du missionnaire reconnaissant porterait sur ses enfants et sur ses petits-enfànts, ce qui se réalisa ponctuellement' .

Dans ce même district du Lochaber , qui est encore aujourd'hui le théâtre de ces grandes chasses au cerf où se complaît Faristocratie britannique , notre saint fut accosté un jour par un malheureux braconnier qui n'avait pas de quoi nourrir sa femme et ses enfants, et qui lui demanda Faumône : « Pauvre (( petit homme , » lui ditColumba, « va vite me cherce cher une perche dans la forêt voisine. » Dès que la perche lui eut été apportée, l'abbé d'iona se mita l'aiguiser lui-même en forme d'épieu ; après quoi il bénit cette javeline improvisée et la remit au mendiant en lui disant que, s'il la gardait avec soin et ne s'en servait que contre les bêtes fauves, jamais il ne manquerait de venaison dans sa pauvre maison, lien arriva comme il l'avait prédit; le braconnier allait planter son épieu bénit dans un coin reculé de la forêt , et il ne se passait pas de jom*

1. Adamn, H, 21. — Le districtde Lochaber, célèbre dans les guerres modernes de l'histoire d'Ecosse, est situé sur les confins des comtés actuels d'Argyle et d'Inverness, sur la route d'Iona à la résidence du roi des Pietés ; Columba y passait sans cesse.

sans qu'il trouvât embroché un cerf ou une biche ou quelque autre gibier, de telle sorte qu'il eut bientôt de quoi revendre aux voisins, après avoir pourvu à la subsistance de tous les siens\

Columba s'intéressait ainsi à tout ce qu'il voyait, à tout ce qui se passait autour de lui et qui pouvait tourner au profit des pauvres ou du prochain; tantôt à la chasse, tantôt à la pêche, en indiquant aux gens les bons moments et les bons endroits pour prendre les saumons ou les brochets de la plus belle taille-.

Chaque fois qu'il se trouvait en contact avec des indigents ou avec des étrangers, la vive sympathie de son cœur généreux savait les attirer ou les soulager encore plus que ses bienfaits matériels. Il s'identifiait avec leurs craintes, leur dangers, leurs chagrins. Toujours pacificateur ou consolateur, il profitait ici de son gîte nocturne chez un riche montagnard pour terminer une dispute entre deux habitants du voisinage^; là, de sa rencontre dans une gorge des Highlands avec un compatriote pour rassurer ce paysan sur les suites des ravages effectués dans son canton par des envahisseurs pietés ou saxons : (c Va, bon petit homme, » lui disait-il, « tes

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