‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 131 sur 244 · Id., II · texte numérisé non relu

Id., II

(( pauvres bestiaux et tout ton avoir sont tombés en (( proie aux brigands; mais ta chère petite famille (( est tout entière sauvée : va la rejoindre et con- (( sole-toi ^ . »

Telle était cette âme tendre et douce. A force de se délecter ainsi aux minutieuses complaisances de la charité et de la fraternité chrétienne, sa charité pouvait sembler quelquefois dégénérer en mollesse; mais vienne une injustice à réparer, un malheureux à défendre, un oppresseur à punir, un outrage contre l'humanité ou Pinfortune à venger, aussitôt se réveille et se déploie toute l'énergie de sa jeunesse. Le vieil homme reparaît tout entier. Son tempérament passionné reprend le dessus ; son caractère, aussi véhément dans l'expression que résolu dans Faction, éclate à chaque instant ; son intrépidité naturelle l'entraîne , à travers tous les dangers , à prodiguer les remontrances, les invectives et les menaces, que la justice de Dieu, trop rarement visible , daignait quelquefois exaucer.

Parmi tant d'infortunés qu'il rencontrait sur sa route, les exilés, dès lors si nombreux par suite des discordes qui déchiraient les races celtiques, devaient plus que personne exciter sa soHicitude. Exilé lui-même, il était le protecteur naturel de tous ses

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