‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 139 sur 244 · Adamn., m · texte numérisé non relu

Adamn., m

2. O'DoNNFXL, in, 37. — Cette incroyable dureté à rencontre du froid, dans le climat humide et glacé des îles Britanniques, est un des traits les plus marqués dans les pénitences que s'imposaient les saints irlandais. Voir Colgan, Acta SS. Hibernix, passim.

encore arrivé là : « Voilà, )) dit-il, « cette pauvre « femme , qui trouve que sa misérable vie vaut la peine « d'être ainsi prolongée ! et nous qui prétendons mé- (( riter le ciel par nos austérités, nous vivons dans le (( relâchement. » Rentré au monastère, il ordonna qu'on ne lui servît plus d'autres mets que les mêmes herbes sauvages et amères dont la mendiante faisait sa réfection, et il gronda sévèrement son ministre Diarmid, parce que celui-ci, venu autrefois d'Irlande avec lui ^ , par compassion pour la vieillesse et la faiblesse du maître , avait jeté un peu de beurre dans la chaudière où cuisaient ces aliments misérables".

La céleste lumière qui allait bientôt le recevoir dans son sein commençait déjà à lui servir de parure ou de linceul. Ses moines se racontaient les uns aux autres que la cellule isolée qu'il s'était fait construire dans l'île d'Himba, voisine d'Iona, s'illuminait toutes les nuits d'une clarté immense, qui

1. ManuscritcitéparReeves,p, 245, ^/9/?ewrfi^. — CenomdeDiarinid ou Diormid, le même que celui du monarque d'Irlande contre lequel Columba avait excité la guerre civile, s'est transformé plus tard en celui de Bermott, encore usité chez les Irlandais.

2. Cuin senio jam gravatus in quodam secessu ab aliis remotiori orationivocaliintentusdeambularet... Eece pauperculahéec femina... Et quid nos qui... laxius vivimus.' Diermltius... qui debebat eam misellam escam parare... per Hslulam instillaloriam modicum lique facti Lutyrietollse...infudit...Sic Christi miles ultimamsenectutem in continua carnis maceratione usque ad exitum... perduxit. O'Don- NELL, ViUi quinla, m, 32.

s'apercevait à travers les fentes de la porte et les' trous de la serrure, pendant que l'abbé chantait des cantiques inconnus jusqu'à ce jour de ses auditeurs. Après y être resté pendant trois jours et trois nuits sans y prendre aucune nourriture , il en était sorti avec la joie d'y avoir découvert le sens mystérieux de plusieurs passages de l'Ecriture sainte qu'il n'avait pas encore compris^ . Revenu à lona pour y mourir, et fidèle à son habitude de passer une grande partie de la nuit en oraison, il portait partout avec lui cette lumière miraculeuse qui rayonnait déjà autour de lui comme l'auréole de la sainteté. Toute la communauté s'agitait à son insu, pour jouir de cet avantgoût du paradis. Une nuit d'hiver un jeune homme, destiné à lui succéder comme quatrième abbé d'iona, était resté dans l'église pendant le sommeil des autres; tout à coup il vit entrer Golumba, précédé d'une lumière dorée qui descendait à travers la voûte, et qui éclairait tous les recoins de l'édifice, y compris le petit oratoire latéral où se cachait tout effrayé le jeune religieux*. Tous ceux qui passaient

1. De qua domo immensae claritatis radii, per rimulas valvarum et clavium foramina, erumpentes, noctu videbantiir. Carmina quoque spiritalia et ante inaudita decantari ab eo audiebantur... Sriplurarum... queeque obscura et difficiUima, plana et luce clarius aperta, mundissimi cordis oculis patebant. Adamn., UI, 18.

2. Siinulque cum eo (ingreditur) aurealiix, de cœli allitudine descendens, totum illiid ecclesiœ spalium replens... et penetrans usque

la nuit (levant l'église pendant que leur vieil abbé y priait, étaient également frappés de cette lumière qui les éblouissait comme l'éclair \ L'un des jeunes moines, dont l'abbé dirigeait spécialement Pinstruction, voulut voir s'il en était de même dans la cellule de Golumba, et, malgré la défense expresse qu'il avait reçue, il se leva la nuit et alla à tatous jusqu'à la porte de la cellule regarder à travers le trou de la serrure ; il s'enfuit aussitôt comme aveuglé par l'éclat de la lueur qui remplissait la cellule'.

Ces symptômes avant-coureurs de la délivrance se manifestèrent pendant plusieurs années avant la fin de sa vie, dont il croyait, dont il espérait surtout que le terme serait plus rapproché. Mais ce reste d'existence, dont il aspirait à être déchargé, lui était disputé par l'amour filial de ses disciples, parles ardentes prières de tant de chrétientés nouvelles, fondées ou desservies par son zèle. Deux de ses religieux, l'un Irlandais, l'autre Saxon, de ceux qu'il admettait à se tenir dans sa cellule pour Faider dans ses travaux

in illius exedriolee separaliim conclave ubi se Virgnoiis in qnanluin poluit latilare conabatur...exterrilus... Adamx., HI, lO.Virgnous, ou Fergna lirit, quatrième abbé d'Iona, de 605 à 623. Il raconta ce trait à son neveu, de qui Adaninan le tenait.

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