‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 158 sur 244 · Hector Boetius, Hist. Scotomm, 1. ix · texte numérisé non relu

Hector Boetius, Hist. Scotomm, 1. ix

son sommeil il étendit involontairement la main. Le roi vit à son doigt l'anneau qu'il avait donné à la reine comme gage de son grand amour. Il eut grande peine à ne pas tuer le chevalier sur place, mais il sut rester maître de lui-même et se contenta de lui enlever Panneau du doigt pour le jeter à Teau sans éveiller le coupable. Puis, revenu à la ville, il demanda à la reine son anneau, et comme elle ne pouvait le produire, il la fit jeter en prison pour être conduite à la mort. Elle obtint un délai de trois jours, et après avoir en vain fait demander l'anneau au chevalier, elle eut recours à la protection de l'évêque Kentigern. Ce bon pasteur avait tout su ou tout deviné : la bague, trouvée dans le ventre d'un saumon qu'il avait fait pêcher dans la Clyde, était entre ses mains. Il l'envoya à la reine, qui put ainsi la montrer à son mari et échapper au châtiment qui l'attendait. Roderic lui demanda même pardon à genoux de ses soupçons et offrit de punir ses accusateurs. Elle l'en détourna, et alla aussitôt s'accuser elle-même auprès de Kentigern, qui lui fit passer le reste de sa vie dans la pénitence. C'est pourquoi les anciennes effigies de l'apôtre du Strathclyde le représentent toujours tenant la crosse épiscopale d'une main, et de l'autre un saumon avec une bague entre les lèvres* .

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