‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 187 sur 244 · Epist., Vin · texte numérisé non relu

Epist., Vin

fait qui puisse être conféré à l'humanité. Pourquoi donc, en vue d'un but si digne, la Providence ne serait-elle pas quelquefois intervenue? Les miracles, admis autrefois avec une aveugle crédulité, ont été depuis rejetés avec un non moins aveugle dédain. Toujours est-il, ajoute le grand orateur, que la foi en ces miracles réels ou supposés a été la principale cause des progrès si rapides du christianisme dans notre île'. Chose singulière, ni Bede ni aucun autre historienne donne le moindre détail sur les prodiges qui éveillaient à la fois l'admiration, la gratitude et la prudence de saint Grégoire le Grand . Mais de tous les miracles possibles le plus grand est assurément (( d'avoir détaché du paganisme, sans violence, un peuple violent, de l'introduire dans la société chrétienne, non pas homme par homme et famille par famille, mais d'un seul coup, avec ses rois, sa noblesse guerrière, ses institutions-. » Ce roi qui croit descendre des dieux du paradis Scandinave, et qui abandonne sa capitale aux prêtres du Dieu crucifié ; ce peuple féroce et idolâtre qui se précipite par milliers au-devant de quelques moines étrangers, et par milliers se plonge dans les ondes glacées de la Tamise, au milieu de l'hiver, pour recevoir le

1. BuRKE, Essay lowards an abridgmeni of English history, liv. II, cil. 1.

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