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comme tout l'Occident, le remettaient toujours au dimanche. Mais ce dimanche était ou pouvait être un autre dimanche que celui de Rome.
Gomment se figurer que, pour cette mesquine et misérable différence, les deux Eglises soient restées pendant deux siècles sur le pied de guerre l'une visà-vis de l'autre? Puisque les Celtes des îles Britanniques tenaient de Rome même leur ancien usage, pourquoi ne pas la suivre dans son calcul perfectionné, comme tout le reste de l'Occident? Pourquoi vouloir absolument se réjouir quand les Romains jeûnaient, et jeûner quand ils chantaient V Alléluia?
N'y avait-il pas une cause plus sérieuse, plus profonde à la dissidence dont la controverse pascale ne couvrait que la surface? On n'en saurait douter; et de toutes les causes, la plus naturelle et la plus excusable, c'était l'instinct de conservation nationale, exaspéré par la haine de l'ennemi triomphant et se traduisant par la méfiance de l'étranger, qui semblait le complice de l'ennemi.
Augustin sentait bien qu'il avait besoin des chrétiens celtiques pour mener à bien la grande œuvre que la Papauté lui avait confiée. Formé à l'école conciliante et modérée de saint Grégoire le Grand, imbu de ses récentes instructions, il fut loin de se montrer exclusif, quant aux personnes ou aux usages
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locaux; et, pour achever la conversion des Saxons, il réclama sincèrement le concours du clergé, noml)reux et puissant, qui depuis plus d'un siècle était rame de la résistance contre les païens et qui peuplait ces grands cloîtres de la Gambrie, où n'avait point encore pénétré l'épée des conquérants.
Mais les Bretons lui opposèrent une résistance jalouse et obstinée. Ils ne voulurent point se joindre à lui pour évangéliser leurs ennemis ; ils n'avaient aucime envie de leur ouvrir les portes du cier.
Augustin réussit cependant à obtenir que les principaux évêques et docteurs du pays de Galles tiendraient une conférence publique avec lui. On convint de se rencontrer sur les confins du Wessex, près des bords de la Saverne qui séparait les Saxons des Bretons (599-603?). L'entrevue, comme celle d'Augustin avec Ethelbert après son débarquement, eut lieu en plein air et sous un chêne qui garda longtemps le nom de Ghêne d'Augustin. 11 commença, non par réclamer la suprématie personnelle que le Pape lui avait concédée, mais par exhorter les chrétiens celtiques à vivre dans la paix catholique avec lui et à unir leurs efforts aux siens pour évangéliser les païens, c'est-à-dire les Saxons. Mais ni ses prières , ni ses exhortations , ni ses repro-