Varin, mémoire cité
ches, ni la parole de ses collaborateurs monastiques, jointe à la sienne, rien ne réussit à fléchir les Bretons qui s'obstinaient à invoquer leurs traditions contre les règles nouvelles. Après une contestation aussi longue que laborieuse, Augustin dit enfui : « Prions Dieu, cjui fait habiter ence semble les unanimes, de nous montrer par des a signes célestes quelles traditions on doit suivre. (( Qu'on amène un malade, et celui dont les prières (( l'auront guéri sera celui dont la foi devra être (( suivie. )) Les Bretons consentirent à contre-cœur; on amena un Anglo-Saxon aveugle, que les évoques bretons ne purent guérir . Alors Augustin s 'agenouilla et pria Dieu d'éclairer la conscience de beaucoup de fidèles en rendant la vue à cet homme. Aussitôt l'aveugle recouvra la vue. Les Bretons furent d'abord touchés ; ils reconnurent qu'Augustin marchait dans la voie de la justice et de la vérité , mais ils dirent qu'ils ne pouvaient renoncer à leurs vieilles coutumes sans le consentement de leur peuple et demandèrent une seconde assemblée où leurs députés seraient plus nombreux^ .
Cette seconde conférence eut bientôt lieu. Augustin s'y trouva en présence de sept évêques bretons et des plus savants docteurs du grand monastère de Bangor, peuplé de plus de trois mille moines,
1, Bedk, II, 2.
qui était, comme on l'a vu, la métropole de la vie religieuse dans la GambrieV Avant la nouvelle (Mitrevue , les Bretons allèrent consulter un anachorète fort renomme parmi eux par sa sagesse et sa sainteté et lui demandèrent s'ils devaient écouter Augustin et abandonner leurs traditions. « Oui,» dit l'anachorète, ce si c'est un homme de Dieu. — Mais « comment le savoir? — S'il est doux et humble (( de cœur, comme dit l' évangile, il est probable (( qu'il porte le joug de Jésus-Christ et que c'est ce (( joug qu'il vous offre ; mais s'il est dur et orgueilce leux , il ne vient pas de Dieu et vous ne devez (( prendre aucun souci de ses discours. Pour le dé- (( couvrir, laissez-le arriver le premier au lieu du (( concile, et s'il se lève quand vous approcherez, « A ous saurez que c'est un serviteur de Jésus-Christ (( et vous lui obéirez ; mais s'il ne se lève pas pour (( vous faire honneur , méprisez-le comme il vous (( aura méprisés -. » On se conforma aux instructions de l'anachorète. IMalheureusement en arrivant au concile ils trouvèrent Augustin déjà assis , more Romaiio, dit un historien, et il ne se leva pas pour les recevoir^ C'en fut assez pour les soulever contre lui. (( Si cet homme, » disaient-ils, «ne daigne pas