Bede, II
(( salut et ta vie qu'aucun de tes pères ou de tes pro- (( elles n'en a jamais reçu, consens-tu à les sui- (( vre? )) L'exilé jura qu'il obéirait en tout à celui qui le tirerait d'un si grand péril pour le faire roi. Aussitôt l'inconnu lui posa la main droite sur la tête en disant : « Quand un pareil signe se repré- (( sentera à toi, rappelle-toi ce moment, tes dis- (( cours et ta promesse. »
Sur quoi il disparut si subitement, qu'Edwin crut avoir eu affaire non à un homme mais à un esprit. Un instant après son ami accourut lui annoncer qu'il n'y avait plus rien à craindre pour lui et que le roi Redwald, ayant confié son projet à la reine, avait été détourné par elle de cette trahison. Cette princesse, dont le nom a été malheureusement oublié, était, comme la plupart des Anglo-Saxonnes, toutepuissante sur le cœur de son époux. Plus heureusement inspirée alors que lorsqu'elle lui avait persuadé de renoncer au baptême qu'il avait reçu chez le roi Ethelbert\ elle lui montra qu'il serait indigne de vendre à prix d'or son âme et, qui plus est, son honneur, qu'elle tenait pour la plus précieuse de toutes les parures - .
Grâce aux inspirations généreuses de la reine, non seulement Redwald ne livra pas le prince réfu-