‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 35 sur 244 · IbicL, c · texte numérisé non relu

IbicL, c

plus noml)reiise pour mettre tout à feu et à sang; mais Cadoc rassura la population qui l'entourait en gémissant : « Soyez tranquilles, » leur disait-il; « courage et confiance, le Seigneur réduira à rien (( nos ennemis. » En effet, bientôt l'on vit Fenvahisseur et les siens qui cherchaient leur chemin comme des aveugles : « Pourquoi, » lui dit Cadoc, « viens-tu ainsi à main armée piller et ravager ma « patrie ? ):> et il ne lui rendit la vue et le moyen de retourner chez lui qu'après lui avoir fait jurer une paix perpétuelle : « C'est toi, » lui dit le prince contrit et rassuré, « que je prends pour confesseur, (( de préférence à tout autre compatriote ^ » Une autre fois ce fut la fumée d'une grange embrasée qui Adnt aveugler le prince dont les écuyers avaient allumé l'incendie. Guéri lui aussi par le saint abbé, il lui fit présent de son épée , de sa lance , de son bouclier et de son cheval de bataille complètement équipé" .

C'est par de tels services sans cesse et partout renouvelés que se fondait, en Bretagne comme ailleurs, l'ascendant de l'ordre monastique sur l'àme des peuples chrétiens. C'est par de tels souvenirs, transmis de père en fils au coin du foyer domestique, que s'explique la durée séculaire d'un prestige si

Page 1