‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 4 sur 244 · TEKTi;LL.,.lc/i;. Judxos, c · texte numérisé non relu

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son contingent de martyrs, et, au premier rang parmi eux, un jeune diacre, Alban, dont la tombe devait plus tard être consacrée par Fun des principaux monastères anglo-saxons. Elle apparut aussitôt après la paix de l'Église , en la personne de ses évêques, aux premiers conciles de l'Occident (314), Elle survécut à la domination romaine, mais ce ne fut que pour lutter pied à pied et reculer enfin avec les dernières tribus du peuple breton devant les envahisseurs saxons, après un siècle entier d'efforts et de souffrances, de massacres et de profanations. Pendant tout ce temps, d'un bout de l'île à l'autre, les Saxons promenèrent l'incendie, le meurtre et le sacrilège ; renversant les édifices publics comme les maisons particulières, dévastant les églises, brisant les pierres sacrées des autels, égorgeant les pasteurs avec leurs ouailles ^ .

Ces épreuves si cruelles et si prolongées durent nécessairement troubler les communications habituelles des chrétiens de Bretagne avec l'Eghsc ro-

1. Beda, Hist. ecclesiastica gentis Anglorum, lib. i, c. 15. Cf. GiLDAS, de Excidio Britannix. — Les opinions sont partagées quant à la destruction complète ou partielle des Bretons dans les pays conquis par les Saxons. Palgrave surtout a contesté la tradition ordinaire sur ce fait. Cependant les historiens saxons euxmêmes ont constaté plus d'un exemple d'extermination complète. Les premiers Saxons établis par Cerdic, fondateur du royaume de Wessex, dans l'île de Wight, y anéantirent toute la population indigène. — AssER, p. 5,. ap. Lingard, i, 19. — Chronicon Anglo- . Saxoniciim, ad ann. 490, éd. Gibson.

maine . De là ces diversités de rites et d'usages , surtout en ce qui touchait à la célébration de la Pâque, dont il sera tant question dans la suite. Mais dès à présent il convient de constater que l'étude la plus attentive des monuments authentiques ne révèle aucune lutte doctrinale, aucune diversité de croyance entre les évèques bretons et l'évêque des évoques à Rome. D'ailleurs, la Rome des papes prodiguait déjà ses lumières et ses consolations à sa fdle d'outre-mer, au moment même où la Rome des Césars l'abandonnait à d'irréparables désastres.

Avant même d'être condamnée à cette lutte mortelle contre le paganisme germanique, l'Eglise bretonne avait connu les périlleuses agitations de Fhérésie. Pelage, le grand hérésiarque du cinquième siècle , le grand ennemi de la grâce, était né dans son sein. Pour se défendre de la contagion de ses doctrines, elle appela à son secours les évêques orthodoxes des Gaules. Le pape Gélestin, qui, vers la même époque, envoyait le diacre romain Palladius comme premier évêque des Scots d'Irlande ou des Hébrides ^ (424 ou 431) , averti par ce même Palla-

1. Prosper, Chron. consulare ad ann. 429. — Dans un autre ouvrage , ce contemporain ajoute : Et ordinato Scotis episcopo , duin Romanam insulam studet servare catholicani, fecit etiam Barbaram Chrislianam. Lih. contra Collât., c. 14. Mais le peu de succès de cette mission, dont il n'est pas même question dans les anciens monuments historiques de l'Irlande, rend assez plausible la con-

dius du danger que courait ia foi en Bretagne, chargea notre grand évêque d'Auxerre , saint Germain, d'aller y combattre F hérésie pélagienne. Deux fois ce pontife va visiter la Bretagne et la fortifier dans la foi orthodoxe et l'amour de la grâce céleste. Germain, accompagné la première fois par Févêque de Troyes % et la seconde par Févêque de Trêves (429-416) , ne veut d'abord employer contre les hérétiques que les armes de la persuasion. Il prêche aux fidèles, non seulement dans les églises, mais dans les carrefours et dans les champs. Il argumente publiquement contre les docteurs pélagiens en présence des peuples assemblés et passionnément attentifs, avec leurs femmes et leurs enfants-. Soldat dans sa jeunesse, l'illustre évêque

jectiire de M. Varin, qui pense (jue Palladius fut seulement chargé des Scots déjà établis dans les Hébrides et sur la côte occidentale de la Calédonie. C'est ici le lieu de mentionner un saint que l'on vénérait dans l'Église d'Ecosse comme disciple de Palladius, saint ïernan , qualifié d'archevêque des Pietés dans les livres liturgiques d'Aberdeen, lesquels font de saint Palladius (j- vers 450) le contemporain de saint Grégoire le Grand (7 60i). La mémoire de ce saint vient d'être remise en lumière par la publication récente d'un fort curieux monument liturgique : Liber ecclesie Beati Terrenani de Arbuthnott, seu Missule secuadum usum Ecclesix sancti Andréas in Scotia, due au docteur Eorbes, évêque anglican de Brechin. Mais l'article consacré parles Bollandistes à ce saint (Act. SS. Junii, t. II, p. 533-535) ne résout aucune des incertitudes qui régnent sur son existence.

1. Saint Loup, formé à l'école monastique de Lérins, et si connu par sa victoire morale sur Attila. Voir tome I, livre Jii.

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