Adamnan, lib. I, c
2. CoLGAN, Trias Thaumat.,^. 472. —11 en donne le titre et cite le premier vers de chaque poème en irlandais. — Le docteur Reeves a tlonné dans son appendice F le texte irlandais et la traduction anglaise de deux de ces pièces dont le manuscrit est passé de chez les franciscains de Louvain, où écrivait le pieux et patriotique Colgan,
le plus authentique est consacré à la gloire de la noble Brigitte, la vierge esclave, patronne de l'Irlande, et fondatrice de la vie religieuse pour les femmes dans l'Ile des Saints : elle n'était pas encore morte quand Columba vint au monde * . A travers les efforts obscurs et heurtés de cette poésie enfantine, on démêle, ce semble, quelques accents d'une émotion sincère et originale.
(( Que Brigitte, la vierge et la bonne,
Brigitte, notre flambeau et notre soleil,
Brigitte, la rayonnante et l'invisible,
Nous conduise au royaume éternel !
« Que Brigitte nous défende
Contre les troupes de l'enfer ;
Qu'elle abatte devant nous
Toutes les adversités de la vie!
(( Qu'elle éteigne en nous
Tous les mauvais instincts de la chair.
Cette vierge pure qui nous est si chère,
Digne d'un ineffable honneur!
(( Oui, elle sera toujours notre sauvegarde,
Ma chère sainte de Lagénie,
à la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles. — Elles se trouvent aussi à la Bodléienne d'Oxford, dans un manuscrit qui contient cent trente-six poèmes irlandais attribués à Columba.
1. Il naquit en 521 et elle mourut en 523, selon la chronologie de Colgan.
Après Patrice la première, La colonne de la patrie, Glorieuse entre toutes les gloires, Reine entre toutes les reines.
(( Que dans l'extrême vieillesse Elle soit pour notre corps comme un cilice; Qu'elle nous inonde de sa grâce.
Notre protectrice Brigitte * . »
Columlja semble donc avoir été autant poète que moine pendant la première moitié de sa vie; il en avait l'humeur vagabonde, agitée, ardente et même querelleuse. Comme la plupart des saints et des moines irlandais, dont l'histoire a gardé le souvenir, il aimait passionnément à voyager"; mais à cette passion s'en joignait une autre qui lui valut plus d'une mésaventure. Les livides, moins rares en Irlande que partout ailleurs, y étaient cependant re- <*herchés et conservés avec un soin jaloux dans les bibliothèques monastiques, qui en étaient les seuls dépositaires. On leur attribuait non seulement une valeur excessive , mais en core les émotions et presque les passions d'êtres animés. Columba avait, lui, la passion des beaux manuscrits ; et l'un de ses biographes