‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 68 sur 244 · MOINES D'OCC, III · texte numérisé non relu

MOINES D'OCC, III

lointain nébuleux, Columba apparaît le premier parmi toutes ces figures originales et touchantes qui ont pris rang dans l'histoire, à qui l'Ecosse doit d'avoir occupé une si grande place dans la mémoire de l'imagination des peuples modernes, depuis les grandes chevaleries de la royauté catholique et féodale des Bruce et des Douglas, jusqu'aux infortunes sans pareilles de Marie Stuart et de Charles-Edouard, et à tous ces souvenirs poétiques et romanesques que l'honnête et pur génie de Walter Scott a dotés d'une popularité européenne. Exilé volontairement, à quarante-deux ans, de son lie natale, Columba s'était embarqué avec ses douze compagnons ^ sur une de ces grandes barques d'osier recouvertes de peaux de bœuf qui servaient à la navigation des peuples celtiques. 11 vint aborder sur un îlot désert situé au nord de F embouchure de cette série de golfes et de lacs qui, s'étendant du sud-ouest au nord-est, coupe en deux la presqu'île calédonienne , et qui séparait alors des Pietés , encore païens, la région occupée par les Scots d'Ir-

est restée en possession des biens ecclésiastiques provenant des temps catholiques.

1. Voir leurs noms dans l'appendice A. deReeves. — Signalons dès à présent parmi eux deux personnages que nous retrouverons plus tard : Baithen, son secrétaire et son successeur comme abbé d'iona, etDiormit ou Dermott, son ministre {ministrator), le religieux spécialement attaché à sa personne, puis le jeune Mochonna dont on vient de parler page 140.

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lande, à demi chrétiens. Cet îlot, qu'il a immortalisé, prit d'après lui le nom d'I-Colm-Kill (l'ile de (]olumb-Kill) , mais est plus connu sous celui d'Iona \ Une légende, inspirée par l'un des traits les plus marqués du caractère de notre saint, veut qu'il ait d'abord touché terre sur une autre ile nommée Oronsay ' . Mais , après avoir débarqué , il gravit une colline voisine de la plage, et là, jetant ses yeux vers le midi, il vit qu'il pouvait encore distinguer l'Irlande, sa patrie bien-aimée. Voir de loin cette terre chérie qu'il lui avait fallu quitter pour toujours, c'était une trop rude épreuve. Il redescendit et se rembarqua aussitôt pour aller chercher plus loin une plage d'où il ne lui serait plus possible d'apercevoir le sol natal. Arrivé à ïona, il monta sur le plus haut sommet de l'ile, et, promenant ses regards sur l'horizon, il reconnut que son Irlande n'était plus visible. Il se décida donc à rester sur ce rocher inconnu. Un de ces jnonceaux de pierres, qu'on appelle cairri dans les dialectes celtiques, indique encore le site de cette exploration volontairement infructueuse et a long-

1. Le nom primitif était Hi/, Hii ou /, c'est-à-dire l'ile, l'ile par excellence. lona signifie, selon divers auteurs, l'île bénie. Ce dernier mot est écrit lova par Adamnan et les anciens auteurs; mais l'usage a fait prévaloir lona.

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