‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 74 sur 244 · A ION A · texte numérisé non relu

A ION A

Mais ce n'était pas seulement dans ces élégies, répétées et peut-être retouchées par les bardes et les moines irlandais , c'était à chaque instant et à tout propos que cet amour, ce regret passionné de la patrie absente éclatait dans ses paroles et dans ses préoccupations : les récits de ses biographes les plus avérés le démontrent à chaque page. La plus sévère des pénitences qu'il imaginait d'imposer aux plus coupables d'entre les pécheurs qui venaient se confesser à lui était de subir le sort qu'il s'était volontairement infligé, et de ne jamais remettre le pied sur le sol de l'Irlande * . Mais lorsque , au lieu d'interdire aux criminels l'accès de cette île chérie , il lui fallait envier ceux qui avaient le droit et le bonheur d'y séjourner à leur gré, c'est à peine s'il osait la nommer ; et en parlant à ses hôtes ou à ses religieux destinés à rentrer en Irlande, il leur disait

^^age très-imagé un texte de l'Écriture, indiqué dans l'argument; ces textes roulent sur la Création, la Chute, l'Enfer, le Jugement dernier, etc. L'argument irlandais de ce poème dit expressément qu'il a été inspiré à Columba par le désir d'obtenir le pardon de Dieu pour les trois batailles dont il avait été la cause en Irlande (voir plus haut, page 135). Le texte en a été publié par Colgan, dans le Trias Thaumaturga, p. 473. Le docteur Todd en annonce une édition plus complète. Colgan dit formellement que le poème a été composé à lona. U ajoute que, selon quelques-uns, le saint aurait mis sept ans à méditer son sujet avant de l'écrire ; et que, selon d'autres, il l'envoya au pape ^aint Grégoire le Grand, qui le reçut avec le plus sympathique respect.

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