O'DoNNELL, lib. I, c
parmi les sauvages de la Galédonie, tout en prédisant que le faux pénitent périrait pour n'avoir pas voulu accepter cette expiation * . Arrivé un jour dans une petite communauté formée par lui dans une des îles voisines d'Iona % et destinée à recevoir pendant un temps de probation les pénitents qui venaient s' éprouver, avec plus ou moins de persévérance et de sincérité, auprès de l'illustre exilé, il prescrivit d'ajouter au repas quelques douceurs et d'en faire jouir les pénitents eux-mêmes; mais l'un de ceux-ci, plus scrupuleux qu'il ne fallait, refusa d'accepter, même de la main de l'abbé, ces mets : «Ah! » lui dit Golumba, (( tu refuses le soulagement que ton supérieur et moi ((nous t'ofProns. Eh bien, il viendra un jour où tu ((redeviendras voleur comme tu Tas été, tu iras (( voler et manger de la venaison dans les forêts (( d'où tu viens. » Et la chose arriva comme il l'avait prédite ^
Malgré ces précautions et cette apparente dureté, le nombre des néophytes qui se pressaient pour vivre sous la règle de Golumba augmentait de plus en plus. Tous les jours et à chaque instant du jour, l'abbé et ses compagnons, du fond de leurs cellules ou pendant leurs travaux en plein air, entendaient pousser de