Waltek Scott, History of Scotland, c
CHEZ LES SCOTS ET LES PICTES. iS\
Le premier regard jeté par l'histoire sur cette route maritime y découvre les prédicatious et les miracles <le Columba. Il navigua le premier dans un frêle esquif sur le Locli-Ness et sur le fleuve qui en sort ; il pénétra ainsi, après un long et pénible trajet, jus- ([u'à la forteresse principale du roi des Pietés, dont on montre aujourd'hui l'emplacement sur un rocher au nord de la ville actuelle d'Inverness. Ce roi puissant et redouté, qui s'appelait BruidhouBrude, hlsde Malcolm, ne fit d'abord au missionnaire irlandais qu'un accueil inhospitalier. Enorgueilli , selon le récit des compagnons du saint, par le faste roya de sa forteresse, il défendit delui en ouvrir lesportes. Il n'y avait point là de quoi intimider Cokmiba. Il s'avance jusqu'au portail, imprime le signe de la ■croix surles deux vantaux, puis les frappe du poing. Aussitôt les barres et les verrous reculent, lesportes roulent sur leurs gonds et s'ouvrent toutes grandes. Columba entre en vainqueur. Le roi , bien qu'entouré de son conseil, où siégeaient à coup sûr ses pontifes païens, fut tout saisi de frayeur; il alla au-devant du missionnaire, lui adressa des paroles pacifiques et encourageantes, et à partir de ce jour lui rendit toute sorte d'honneurs ^ . On ne dit pas queBruidh se
1, Bede, HI, 4. — Adamn., I, 35. — On croit que cette forteresse royale des Pietés occupait l'emplacement du fort vitrifié de Craig Pharrick, situé sur un rocher, à 1,200 pieds au-dessus de la Ness et MOINES d'occ, m. H
fit chrétien, mais pendant tout le reste de sa vieil demeura l'ami et le protecteur de Columba. 11 lui confirma notamment la possession d'Iona , dont il sembk^ avoir dispute la suzeraineté à souri val , le roi des Scots dalriadiens, et notre exilé vit ainsi sa nouvelle fondation placée sous la double garantie des deux souverainetés qui se partageaient la Galédonie ^ .
Mais la faveur du roi n'entraînait pas celle des prêtres païens, signalés par les auteurs chrétiens sous le nom de Druides ou de Mages, et qui opposèrent une résistance énergique et persévérante au nouvel apôtre. Ces prêtres semblent n'avoir point enseigné ou pratiqué le culte des idoles, mais bien celui des forces mystérieuses de la nature, du soleil surtout et des autres corps célestes. Ils suivaient ou rencontraient le prédicateur irlandais dans ses courses apostoliques, moins pour le réfuter que pour retenir et intimider ceux que sa parole gagnait au Christ. Le caractère religieux et surnaturel qui était attribué par les druides de la Gaule aux forêts et aux vieux arbres l'était par ceux de la Calédonie aux eaux et aux sources, les unes, selon eux, sain-
près de son embouchure dans le golfe de Murray. Les murs vitrifiés, c'est-à-dire dont les pierres sont noyées, en guise de ciment, dans une substance vitreuse produite par l'action d'un feu violent, se retrouvent dans quelques localités de la Bretagne et du Maine, et sont partout attribués à l'épocjue celtique. 1. Bede, m, 3 et 4. — Cf. Reeves, p. 76.
taircs et bienfaisantes, les autres malfaisantes et mortelles. Golumha s'attachait surtout à prohiber chez les nouveaux chrétiens le culte de ces fontaines sacrées, et, bravant les menaces des druides, il se plaisait à boire en leur présence de Peau qui, selon eux, devait donner la mort à tout homme assez osé pour en approcher ses lèvres \ Toutefois ils n'employèrent pas de violences matérielles contre l'étranger que leur prince avait pris sous sa protection. Une fois seulement, comme Golumba était sorti avec ses religieux de l'enceinte du fort où résidait le roi, afin de chanter vêpres, selon la coutume monastique, les druides prétendirent l'empêcher de faire entendre au peuple les chants rehgieux ; mais lui entonna aussitôt le psaume LXIV : Eructavit cor meum verbum bonum : dico opéra mea régi, d'une voix si formidable, qu[elle réduisit ses adversaires au silence tout en faisant trembler les assistants et le roi lui-même qui se trouvait parmi eux. Il ne se bornait pas à chanter en latin, il prêchait; mais, comme le dialecte celtique de ses compatriotes les Scots diûerait de celui des Pietés, qu'il iie savait pas, il lui fallait employer un interprète".