‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 94 sur 244 · Adamn., II, 40; I. 49; ï · texte numérisé non relu

Adamn., II, 40; I. 49; ï

ET LA CORPORATION DES BARDES. 19o

Scots de Calédonie qui venaient le trouver dans sa nouvelle demeure. A plus forte raison son âme s'entlammait-elle quand il pressentait une lutte où ses nouveaux voisins les colons Dalriadiens se compromettraient soit avec les Pietés, qu'ils devaient un jour conquérir, soit avec les Angio-Saxons.

Un jour, vers la fin de sa vie, étant seul avec Diarmid, son ministre (comme on appelait le religieux attaché à son service personnel), il s'écria tout à coup : (( Vite la cloche ! sonne la cloche à l'instant ! » Or, la cloche du modeste monastère n'était qu'une de ces petites clochettes en fer battu et de forme carrée, conmie on en montre encore quelques-unes dans les musées d'Irlande, absolument pareilles à celles que portent les bestiaux dans le Jura et en Espagne ; elle suifisait aux besoins de la petite communauté insulaire. A ce son, les religieux accourent, s'agenouillent autour de leur père, « Or sus, » leur dit-il, ce priez, priez avec une intense ferveur <( pour notre peuple, pour le roi Aïdan; car voici, <c à ce moment même, la bataille qui commence <( entre eux et les barbares. » Quand la prière eut duré quelque temps, il reprit : « Voilà que les barce bares s'enfuient, Aïdan est vainqueur^ ».

Ces barbares, contre lesquels Golumba faisait sonner la clochette et retentir les prières de ses

Page 1