vu. s. Pachomii, c
Après Pacôme, en qui l'on s'accorde à reconnaître le premier régulateur de la vie religieuse, voici Ammon, l'ami de jeunesse d'Antoine, riche comme lui, mais de plus marie ; il vit pendant dix-huit ans avec sa femme comme avec une sœur, puis se retire au désert et fonde le premier une communauté sur la célèbre montagne de Nitrie, aux confins de la Libye, où plus de cinq mille moines vinrent bientôt établir une sorte de république religieuse, afin d'y vivre dans le travail et la liberté ' . Parmi eux, un autre Ammon, demandé pour évêque par une cité voisine, se coupe l'oreille droite afin d'écliapper par cette mutihition à l'épiscopat qu'on veut lui donner de force -.
Comme il y avait deux Ammon, on voit deux Macaire : l'un, dit V Égyptien ou l'Ancien, qui s'établit le premier dans le vaste désert de Scété, entre le mont Nitrie et le Nil; l'autre, dit VAlexandrm, qui, au milieu de tant de pénitents, se signala par l'incroyable rigueur de ses austérités. Pour dompter la révolte de sa chair, il se condamna à rester pendant six mois dans un marais, et à y exposer son corps nu aux piqûres de ces moucherons d'Afrique
1. Hist. Lausiaca, c. 7. — Mais une discipline sévère corrigea les abus de cette liberté. On voyait dans la principale église du mont de Nitrie trois fouets ou fléaux, pour châtier sur place les moines, les voleurs et les étrangers qui commettraient quelque délit.