‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 99 sur 219 · Ibid.j c. 15 à · texte numérisé non relu

Ibid.j c. 15 à

3. S. HiERON., Vit. S. Pauli. •— Chate4Ubri\nd, les Martyrs^ liv. XI.

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tunique de feuilles de palmier dont Antoine se revêt aux jours solennels de Pâques et de la Pentecôte, comme de l'armure d'un héros mort au sein de la \ictoire.

Voici Pacôme, plus jeune de quarante ans que saint Antoine, mais mort avant lui (292-348) ; né païen, soldat sous Constantin avant d'être moine, il pratique dans la solitude une discipline cent fois plus austère que celle des camps; pendant quinze ans, il ne se couche pas et ne dort que debout, appuyé contre un mm^ ou à peine assis sur un banc de pierre, après des journées qu'il a remplies par les travaux les plus rudes, comme charpentier, maçon, curcur de puits. Il donne une règle écrite, complète ^ minutieuse, et dont le texte lui avait été apporté du ciel par un ange S aux cénobites qu'Antoine avait régis par son enseignement oral et son exemple. Il fonde sur le Nil, à Tabenne', dans la haute Thébaïde, le premier monastère proprement dit, ou plutôt mie congrégation de huit monastères ^ , gouvernés chacun par un abbé, mais unis par un

1. vu. s. Pachomii, c. 21. — Le texte de cette règle se trouve dans laprécieuse collection intitulée: LucoeHolstenii, Vatic. hibl. prxfect., Codex regularum monasticarum, et canonicai'um, etc. Aug. Vindel. 1769, in-fol.

2. Tabenne était au diocèse de Tentyra (Denderah), un peu audessous de la première cataracte.

3. Chaque monastère de Tabenne était divisé en plusieurs familles; selon l'état manuel qu'exerçaient les moines qui composaient

MOINES d'occ, I. 4

m LES PRÉCURSEURS MONASTIQUES

lien étroit et soumis au même supérieur général. Plusieurs milliers de religieux les peuplaient; et quand Athanase, déjà célèbre par son zèle contre l'arianisme, par ses glorieuses luttes avec Fempereur Constance, sort d'Alexandrie et remonte le Nil pour visiter, jusque dans la haute Thébaïde, ces nombreuses communautés dont la fidélité lui semblait le principal boulevard de l'orthodoxie, Pacôme mène au-devant de lui une immense troupe de moines, parmi lesquels il dissimule par hmnilité sa propre présence, tous chantant des hymnes, tous enflammés de l'esprit qui devait vaincre et enterrer toutes les hérésies. Ce fut conmie la première revue de la nouvelle armée de l'Église ' .

Car c'étaient bien des soldats, ou pom^ mieux dire des athlètes éprouvés et invincibles qu'il avait ■entendu former. Écoutons le discours qu'il Acut que tout religieux adresse, le soir avant de s'étendre sur sa couche, et au nom de son âme, à tous les membres de son corps, en les apostrosphant l'un après l'autre, afin de les réduire à n'être que des gages

ia famille; chaque famille avait son prieur et se subdivisait en cellules, contenant chacune trois religieux. Plusieurs de ces monastères se composaient de trente à quarante familles, dont chacune renfermait quarante religieux : cela faisait plus de douze cents moines par monastère. D'autres n'en comptaient que deux à trois cents. — MoEuiER, loc. cit.

1. Ingens multitudo fratrum... In monachorum turmis... inter monachorum agmina. Vit. S. Pachom., c. 27.

cF obéissance à la loi divine et des instruments do combat au noble sendce de Dieu :

« Pendant que nous sommes encore ensemble, (( obéissez-moi et servez avec moi le Seigneur, car (( il approche, le temps où, vous, mes mains, vous (( ne pourrez plus vous étendre pour ra\dr le bien (( d' autrui, ni vous fermer poiu* frapper du poing la (( victime de nos colères; le temps où vous, mes (( pieds, vous ne pourrez plus parcourir les sentiers (( de l'iniquité. Avant que la mort nous di\ise, et (( que cette séparation, imposée par le péché du (( premier homme, se consonmie, combattons, perkc sévérons, luttons virilement, servons le Seigneur (( sans torpeur et sans paresse, jusqu'à ce que le (( joui* arrive où il essuiera nos sueurs terrestres, « et nous conduira au royaume immortel. Pleurez, (( mes yeux; et toi, ma chair, accomphs ton noble (( service : travaille avec moi par la prière, de peur (( que la recherche du repos et du sommeil n'abou- (( tisse à des tourments perpétuels : sois AÎgilante, (( sobre, laborieuse, afin de mériter Tabondance de (( biens qui t'est réservée, sinon l'éternité entendra (( retentir à jamais cette lamentation funèbre de « l'âme au corps : Hélas! hélas! pourquoi t'ai-je (( été attachée et pourquoi dois-je subir à cause de (( toi une condamnation éternelle ^? »

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