‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 105 sur 219 · RUFIN, c. II · texte numérisé non relu

RUFIN, c. II

3. Un nouveau converti ayant été s'enfermer dans une solitude absolue, aussitôt après avoir pris l'habit monastique, les anciens du lieu {vieilli seniores) le forcèrent d'en sortir, et l'envoyèrent faire pénitence dans toutes les cellules d'alentour. — De Vit. Patr.,\, v, c. 10, no 110.

EiN ORIENT. 73

Santo de Pise, où quelques-uns des pères de la peinture chrétienne, Orcagna, Laurati, Benozzo Gozzoli, ont reproduit la vie des Pères du désert en traits si grandioses et si purs, on les voit dans leurs grossiers vêtements noirs et bruns, le capuchon sur la tête, quelquefois le manteau de poil de chèvre sur les épaules, occupés à défoncer le sol, à abattre des arbres, à pêcher dans le Nil, à traire leurs chèvres, à recueillir les dattes qui leur servaient de nourriture, à tresser les nattes sur lesquelles ils devaient mourir. D'autres sont absorbés par la lecture ou la méditation des saintes Écritures. Ainsi que le dit un saint, les cellules réunies dans le désert étaient comme une ruche d'abeilles. Chacun y avait dans ses mains la cire du travail, dans sa bouche le miel des psaumes et des oraisons ' . Les journées se partageaient entre l'oraison et le travail. Le travail se partageait entre le labourage et l'exercice de divers métiers, surtout la fabrication de ces nattes dont l'usage est encore si universel dans les pays du Midi. Il y avait aussi parmi ces religieux des familles entières de tisserands, de charpentiers, de corroyeurs, de tailleurs, de foulons-; chez tous, le labeur était doublé parla ri-

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