Rui IN, de Vit. Pair., 1, ii. c
Mille traits de lem^ histoire rélèvent la plus tendre sollicitude pour les misères du pauvre. Leurs prodigieuses abstinences, lem^s macérations cruelles, cette pénitence héroïque qui constituait comme le fond de leur vie, rien de tout cela n'étouffait en eux la conscience de la faiblesse et des besoins d' autrui. Tout au contraire, ils avaient appris les secrets de Famour du prochain dans cette lutte de tous les jours contre l'ardeur sensuelle de leur jeunesse, contre les insurrections toujours renaissantes de la chair, contre les souvenirs et les tentations du monde. Le xenodocliium, c'est-à-dire l'asile des pauvres et des étrangers, formait dès lors un appendice essentiel de tout monastère. On rencontre dans leur histoire les combinaisons les plus ingénieuses, et les plus gracieuses inspirations de la charité. Il y avait tel monastère qui servait d'hôpital aux enfants malades, et devançait ainsi une des plus touchantes créations de la bienfaisance moderne * ; tel autre, dont le fondateur, après avoir été lapidaire dans sa jeunesse, avait transformé sa maison en hospice pour les lépreux et les estropiés des deux sexes : « Voilà, » disait-il en montrant aux dames d'Alexandrie l'étage supérieur réservé aux femmes, (( voilà mes jacinthes ; » puis en les conduisant à