‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 110 sur 219 · S. Athanas., Ep. 2, ap. oper. Lîcciferi CarjUar · texte numérisé non relu

S. Athanas., Ep. 2, ap. oper. Lîcciferi CarjUar

leur seule présence, la plus répandue et la plus redoutable des hérésies.

31ais, quelque grande et forte que fût leur influence dans la polémique et au milieu des populations agitées par ces luttes, elle était plus puissante encore dans la sphère qui leur était propre, dans cette solitude où ils rentraient toujoiu*s comme Antoine, leur modèle et leur maître, avec tant d'empressement et de joie.

C'était donc surtout au désert qu'éclatait leur triomphe et que le monde à peine chrétien reconnaissait en eux les envoyés du ciel et les vainqueurs de la chair. Lorsque vers le soir, à l'heiu'e de noue, après une jom^née suffocante, tous les travaux s'inerrompaient et que du milieu des sables, du fond des cavernes, des hypogées, des temples païens dépeuplés de leurs idoles, et de tous ces vastes tombeaux d'un peuple mort, le cri d'un peuple vivant montait au ciel; lorsque partout et tout à coup l'air retentissait des hymnes, des prières, des chants pieux et graves, tendres et joyeux de ces champions de l'âme, de ces conquérants du désert, célébrant dans la langue de David les louanges du Dieu vivant, les actions de grâces de l'âme affranchie, les hommages de la nature vaincue, alors le voyageur, le pèlerin, le nouveau chrétien surtout s'arrêtait éperdu, et, ravi au son de ce concert

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sublime, il s'écriait : «Voilà donc le Paradis \f »

(( Allez, » disait dès lors le plus éloquent des docteurs de TÉglise, « allez dans la Tliébaïdc, vous y trouverez une solitude plus belle encore que le Paradis, mille chœurs d'anges sous une forme humaine, des peuples de martyrs, des armées de vierges, le tp-an diabolique enchaîné et le Christ triomphant et glorifié*. »

Le saint docteur parle des armées de vierges parce que de tout temps les femmes chrétiennes s'étaient montrées, par le nombre et par le zèle, les émules des hommes dans la pratique des vertus et des austérités monastiques. La virginité avait été honorée, pratiquée dans l'Église dès l'originel Outre les filles sublimes qui la portèrent triomphante au sein des supplices, il y en eut une foule qui la gardèrent pendant de longues années au milieu du monde. 11 y eut donc des religieuses, comme il y a^ait eu des ascètes et des solitaires, avant T institution régulière et populaire de la vie monastique. A plus forte raison, quand les villes et les déserts de rÉgypte se peuplèrent de monastères, le sexe dont le christianisme avait ennobli et purifié la faiblesse

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