‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 117 sur 219 · Vit. S. Hilarion., i, c · texte numérisé non relu

Vit. S. Hilarion., i, c

le double nom de château de Saint-Hilarion et de

Château du dieu d'amour,

Hilarion laissait sur le siège métropolitain de l'île, désormais sanctifiée par sa présence et sa mémoire, un illustre religieux, saint Épiphane, qui avait été son disciple et qui était venu le rejoindre à Paplios. Juif d'origine, converti dès sa jeunesse par le spectacle de la charité d'un moine qui s'était dépouillé de son vêtement pour en couvi^ir un pauvre, Epiphane s'était fait moine et avait acquis une grande renommée par son austérité en Palestine d'abord, où Hilarion l'avait formé, puis en Egypte, où il avait vécu pendant la persécution de Julien, et où le christianisme avait mieux résisté que dans le reste de TOrient, grâce à l'autorité d'Athanase et à rinfluence delà Thébaïde. Élevé malgré lui à l'épiscopat (36o), il continua à porter l'habit de solitaire, et ce fut à la prière des supérieurs de deux monastères syriens qu'il écrivit l'histoire et la réfutation des quatre-vingts hérésies connues jusqu'alors. Il fut l'ami de saint Basile, de saint Jérôme, de saint Ghrysostome. Il savait également le grec, l'hébreu, le syriaque et le latin : il consacra toujours cette science à défendre l'orthodoxie de la foi et la discipline, qu'il servit par ses ouvrages non moins que par ses voyages à Rome, à Jérusalem, à Gonstantinople. Il était né dans un frais vallon, au

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pied du mont Olympe et non loin du cap Pifani, qui garde encore la trace de son nom dans cette altération faite par les marins européens du mot Epiphanios\

L'empereur Julien, dont l'intelligence était plus liante que le cœur, n'avait pas méconnu la grandeur de l'institution monastique, et, tout en persécutant les moines, il rêvait des couvents dliommes et de fenmies pour ses païens régénérés. C'était vouloir ressusciter un cada^TC. L'œmTC de Dieu n'avait besoin d'aucun empereur : les saints lui suffisaient. La vie monastique, qu'ils avaient enfantée et où ils achevaient de mériter le ciel, se propageait rapidement, et grâce à elle la conversion de l'Orient au christianisme se consommait. A Édesse, au centre de la Mésopotamie, saint Ephrem lui apporta l'autorité de sa longue carrière, '^de son éloquence poétique et populaire, de son austère génie, de ses nobles coml^ats contre la corruption effrontée" qui infectait cette ci\âlisation orientale dont il fallait dégager la vérité et l'avenir.

Edesse était alors la métropole de ces populations syriaques qui avaient conservé leur langue et

1. Saint Hilarion et saint Épipliane sont tous les deux l'objet de la vénération populaire des Cypriotes modernes, ainsi que l'a con:talé M. de Mas-Latrie, celui de nos contemporains qui a le mieux étudié l'histoire de cette île si intéressante.

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