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rude qu'on eût encore vue. Il fallait sans doute de tels prodiges pour frapper les imaginations et saisir les convictions des peuples nomades et indépendants de ces déserts. Car, il ne faut pas l'oublier, le monde romain était encore à moitié païen sous Constantin et ses sliccesseiu's immédiats. Les campagnes siu-tout restaient fidèles à l'idolâtrie. Les moines réussirent enfin à les ébranler et à les convertir. On voit des villages, des tribus entières, ramenés à la foi du Christ par les prédications de saint Hilarion en Syrie, de saint Moyse, chez les Sarrasins. D'autres moines convertirent les Phéniciens \ Saint Siméon Stylite voyait au pied de sa colonne non-seulement les Spiens ses compatriotes, mais encore les Persans, les Arabes, les Arméniens, et jusqu'à des gens venus d'Espagne, de Bretagne et de Gaule, pour contempler ce prodige d'austérité, ce bourreau de son propre corps. Il les payait de leur curiosité et de leur admiration en leiu* prêchant la vérité clu*étienne. Ils s'en retournaient chrétiens. Les Ai^abes arrivaient par bandes de deux ou trois cents : des milliers d'entre eux, au dire de Théodoret, témoin oculaire, éclairés par la lumière qui descendait de la colonne du Stylite, abjuraient à ses pieds leiu-s idoles et leurs vices, et s'en retournaient