Saint Grégoire de Nysse et saint Pierre de Sébaste
ganisme à peine vaincu et si loin crêtre extirpé, on tira de force Basile de sa solitude pour l'ordonner prêtre, et quelques années après on le fit évêque de Césarée. On sait comment il étonna le monde par la supériorité de son génie et l'éminence de sa vertu. L'histoire ecclésiastique n'offre point de plus glorieux épisode que le récit de son intrépide et calme résistance aux entreprises de l'empereur Yalens contre la foi de Nicée, et de sa conférence célèbre avec le préfet du prétoire Modeste : « Jamais » , lui dit le ministre des volontés impériales, « je n'airencon- « tré tant d'audace. — Sans doute, » lui répond le saint, « vous n'avez jamais rencontré d' évêque. » — Au sortir de cette conférence, le premier ministre dit à son maître : « Seigneur, nous sommes vaince eus : cet évêque est au-dessus des menaces; il (( n'en faut rien attendre que par la force ^ . » L'empereur recula, et l'Église salua dans Basile le héros de l'époque. Et cependant sa grande âme était aussi tendre que forte. Sa foi inébranlable aspirait toujours à une réconciliation avec les chrétiens égarés. Désolé des divisions de l'Église d'Orient, il implorait avec passion les secours des Occidentaux , du pape Damase et surtout de son illustre rival de gloire et de courage, saint Athanase. Il sut si bien se faire faible avec les faibles, qu'on lui imputa une