s. Greg. Nazianz., ep. 9 et
2. Orat., V, 36-37. — Le passage suivant est aussi bien digne de remarque : Non odium significando et conviciando sollicite et anxie verba laciebam, dolens, non plagas infigens... Leniter verbiset convenienter compellebain, ut verbi defensor misericordis et mansueti, AC NEMixEMcowTERENTis... Hœc wieis inscripta erant tabulis... Oper., éd. Caillau, t. II, p. 737.
EN ORIENT. Ho
promptement qu'il put, heui^eux de quitter le foyer des dissensious tliéologiques et de cette corruptiou dontiladépeiutlesexcès avectaut de hardiesse et de douleur. Ce fut pour rentrer dans mie solitude rustique de son pays natal. Il y acheva ses jours (391) après deux années partagées entre les plus rudes austérités de la vie monastique et la culture de la poésie, qu'il continuait à pratiquer, pour ne pas laisser aux seuls païens la palme des belles-lettres, et aussi pom' donner un libre cours à la noble et délicate tristesse de son âme'. Ses vers gracieux, mélancoliques et quelquefois sublimes, lui ont valu une j)lace presque aussi haute que sa profonde science des choses divines, et l'Ordre monastique put s'enorgueillir d'avoir produit en lui le créateur de la poésie chrétienne en même temps que le doctem* qui a mérité d'être surnommé le Théologien de l'Orient. Personne d'ailleurs n'avait encore dépeint avec mie admiration si passionnée la vie religieuse que l'illustre ami de Basile dans son dicours sur la mort de Julien, à l'endroit où il apostrophe l'ennemi de l'Eglise et lui oppose « ces hommes qui sont sur terre et au-dessus de terre... à la fois enchaînés et libres, domptés et indomptables... qui
1. Il faut lire les pages charmantes que M. Villemain a consacrées aux poésies de saint Grégoire de Nazianze, dans son Tableau de léloquence chrétienne au quatrième siècle.
ont deux vies : Time qu'ils méprisent, une autre qui remplit seule toutes lem^s pensées; devenus immortels par la mortification; étrangers à tous désirs et pleins du calme du divin amour; qui s'abreuvent à la source de sa lumière et en réfléchissent déjà les rayons ; dont les psalmodies angéliques remplissent toutes les veilles de la nuit, et dont rame transportée émigré déjà vers le ciel... solitaires et mêlés aux concerts d'une autre vie, châtiant toute volupté, mais plongés dans des délices ineffables ; dont les larmes noient le péché et purifient le monde, dont les mains étendues étreignent les flammes, domptent les bêtes, émoussent les glaives, ébranlent les bataillons et vont aujom^d'hui, sache-le bien, terrasser ton impiété, quand bien même tu pourrais échapper quelques jours et jouer ta comédie avec des démons ^ . »
Ainsi, un siècle après qu'Antoine eut inauguré la vie cénobitique dans les déserts de l'Egypte, on la voit fortement constituée dans l'Asie Mineure et portée jusque sur les bords du Pont-Euxin par Basile et son illustre ami. A partir de ce moment, aucune province de l'Église orientale ne fut sans moines. Gonstantinople, ce foyer principal des hérésies qui désolaient l'Eghse au iv® siècle, les vit s'établir dans son sein et à ses portes, comme une