Orat. IV, traduction de M. de Broglie
garnison orthodoxe. Puisant dans la solitude et le travail cette force qu'avait perdue la société contemporaine, asservie et dégradée par le régime impérial, les moines et les religieuses formaient déjà tout un peuple avec la règle de Basile pour code ; peuple distinct à la fois du clergé et des simples fidèles; peuple nouveau, intrépide, répandu partout, se multipliant sans cesse, et où les amis comme les ennemis de la vérité ne pouvaient manquer de reconnaître la principale force de l'Eglise.
Les ennemis siu*tout ne s'y trompèrent pas, et de là une opposition permanente et acharnée contre ie nouvel institut. Elle avait des origines diverses ' , mais elle se manifestait par des efforts et des résultats identiques. Les païens et les ariens, qui, réunis, formaient la très-grande majorité de la population de l'empire, montraient une égale virulence. Parmi les païens, tous les savants, les philosophes, les lettrés, protestaient à l'envi. L'activité passionnée des moines contre l'idolâtrie, leurs efforts de plus en plus heureux pom^ l'extirper du cœur des populations rurales, exaspéraient naturellement les derniers défensem^s des idoles. D'ailleiu*s, la souffrance volontaire, qu'ils prêchaient et qu'ils pratiquaient, la servitude où ils réduisaient